La verbalisation du port du voile sur la plage indigne la classe politique

RELIGION Le Parti socialiste, mais aussi des élus de droite, condamne « cette surenchère »…

20 Minutes avec AFP

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Sur la plage de Nice, l'arrêté interdisant le port du burkini.
Sur la plage de Nice, l'arrêté interdisant le port du burkini. — JEAN CHRISTOPHE MAGNENET

La polémique autour du burkini s’amplifie et touche désormais le port du voile. Le cas de deux femmes vêtues d’un simple voile verbalisées sur des plages de Cannes et Nice suscite l’indignation auprès de la classe politique, majoritairement à gauche et chez quelques personnalités de droite.

Ce mardi, Siam, une mère de famille, a annoncé qu’elle contesterait sa verbalisation établie le 16 août dernier, alors qu’elle était voilée sur une plage de Cannes. Vêtue d’un legging et d’une tunique, elle s’est vu remettre un PV lui notifiant qu’elle ne portait pas « une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité ». Un témoin de la scène, Mathilde Cousin a affirmé que « des gens criaient (à Siam) « rentre chez toi ! »», lors de sa verbalisation.

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Ce mercredi, c’est la diffusion sur internet des photos d’un contrôle de police sur une plage de Nice qui suscite l’émoi. Elles montrent une femme, turban sur les cheveux, ôtant sa tunique devant les agents de police municipale.

« Une traque et humiliations publiques des musulmans »

Dans un communiqué, le Parti socialiste a dénoncé « une dérive particulièrement dangereuse », émanant de l’intervention de police et « de l’attitude de la force présente ce jour-là sur cette plage ».

Les Jeunes Socialistes ont quant à eux fustigé « une traque et humiliations publiques des musulmans », tout en ciblant la « stigmatisation » organisée par des maires de droite. Dans un communiqué, ils alertent notamment sur une éventuelle « surenchère qui conduit à l’irréparable, aux fractures, aux blessures ».

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Une partie de la droite s’est également indignée, notamment le ministre Jean-Jacques Aillagon, ex-ministre de la Culture de Jacques Chirac : « En 1368, Charles V réglementait la taille des poulaines. Aujourd’hui, certains veulent légiférer sur le costume de bain ! Affligeant ! ».

« Révulsé » par la verbalisation d’un « simple voile »

Sur Twitter, le candidat à la primaire de gauche, Benoît Hamon, crie à « la laïcité bafouée » et se demande « où s’arrêtera la surenchère maladive contre les musulmans ? ».

Le député PS de l’Hérault, Sébastien Denaja, s’est dit quant à lui « révulsé » par la verbalisation d’un « simple voile ».

Le FN réclame une loi d’interdiction générale

Esther Benbassa, sénatrice verte et habituée des prises de positions sur l’islam de France, estime que « plus on interdira et/ou plus on stigmatisera ces tenues, plus on contribuera à leur conférer, par réaction, la valeur d’un symbole identitaire ».

« Pour parer à la fragilité juridique des arrêtés municipaux, seule une loi d’interdiction générale des signes religieux ostensibles dans l’ensemble de l’espace public sera à même d’apporter une réponse ferme aux dérives communautaristes », préconise quant à lui le Front national dans un communiqué.