Interdiction du burkini: Le CFCM reçu en urgence par Bernard Cazeneuve

RELIGION Le Conseil français du culte musulman « s’inquiète de la tournure prise par le débat public »…

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration d'une femme portant un burkini à la plage.
Illustration d'une femme portant un burkini à la plage. — H.YESILKAVAK/A.A./SIPA

La polémique autour du burkini n’en finit pas.  Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a demandé ce mercredi à être reçu en « urgence » par le ministre de l’Intérieur. Une requête aussitôt acceptée par  Bernard Cazeneuve qui a indiqué qu’il recevrait le président du CFCM ce mercredi à 16 heures.

Le CFCM « s’inquiète de la tournure prise par le débat public » autour du burkini après des arrêtés adoptés dans certaines communes du littoral, indique son président Anouar Kbibech dans un communiqué. « Devant la peur grandissante de la stigmatisation des musulmans de France », l’organisation a donc sollicité une « audience d’urgence » avec Bernard Cazeneuve.

« L’émoi de toutes les composantes de la communauté nationale »

« Il y a quelques jours, une femme a été verbalisée sur la plage de Cannes alors qu’elle portait un simple foulard en accompagnant juste ses enfants », souligne le président du CFCM. Cette mère de famille de 34 ans, qui a par ailleurs été invectivée par des passants au moment de son contrôle selon un témoin, a annoncé mardi vouloir contester le PV qui lui a été dressé.

>> A lire aussi : 21 communes sur 26 n’ont toujours pas verbalisé

« Aujourd’hui même, nous découvrons des images de policiers obligeant une femme sur la plage de Nice à ôter une tunique alors qu’elle ne porte même pas un burkini, provoquant ainsi l’émoi de toutes les composantes de la communauté nationale », a ajouté le président du CFCM.

Une « dérive particulièrement dangereuse »

« Dans la situation difficile et critique que vit la France au lendemain des attentats tragiques qui ont touché profondément le pays, le CFCM en appelle à la sagesse et à la responsabilité de chacun. Aujourd’hui, nous avons plus besoin d’actes d’apaisement et de tolérance », a conclu Anouar Kbibech.

>> A lire aussi : Manuel Valls «soutient» les maires qui ont interdit le «burkini»

Sur la scène politique, la polémique monte aussi : mercredi, le Parti socialiste a dénoncé une « dérive particulièrement dangereuse » après la verbalisation de la femme voilée à Cannes.  Le Conseil d’État, saisi par la Ligue des droits de l’homme après un arrêté anti-burkini pris dans l’une des communes concernées de la Côte d’Azur, se penchera jeudi sur la légalité de ces interdictions.