Rixe en Corse: SOS Racisme dénonce les «lourdes défaillances» des pouvoirs publics

SOCIETE L'association dénonce une vision «très ethnicisée» de cette affaire...

20 Minutes avec AFP

— 

Un rassemblement devant le camp militaire de Borgo où cinq hommes étaient en garde à vue le 17 août 2016.
Un rassemblement devant le camp militaire de Borgo où cinq hommes étaient en garde à vue le 17 août 2016. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Les pouvoirs publics ont montré de « lourdes défaillances » dans la gestion de la rixe samedi à Sisco (Haute- Corse) entre des villageois et une famille d’origine maghrébine, qui ont conduit à une vision « très ethnicisée » de cette affaire, a dénoncé mercredi soir SOS Racisme.

>> Les faits: Une rixe fait quatre blessés et mobilise une centaine de policiers

>> A lire aussi : Le procureur pointe la responsabilité de la famille maghrébine

Dans un communiqué, le président de SOS Racisme Dominique Sopo « s’interroge sur le rôle des pouvoirs publics qui ont chacun à leur manière montré de lourdes défaillances ». Il met notamment en cause le maire PS de Sisco, qui à la suite des violences, a pris un arrêté interdisant les burkinis sur les plages de sa commune « alors que là n’est pas l’objet de la rixe sur lequel toutes les zones d’ombre devront être levées ».

« Consternation » vis-à-vis « des partis nationalistes »

SOS Racisme fait également part de sa « consternation » vis-à-vis « des partis nationalistes, majoritaires à l’Assemblée de Corse et donc responsables de l’exécutif local » qui ont selon lui appelé à un rassemblement de soutien aux deux villageois de Sisco placés en garde à vue avant d’être remis en liberté.

>> A lire aussi : «L’élément déclencheur» reste flou, un témoin évoque un mobile raciste

Les présidents nationalistes du Conseil exécutif territorial, Gilles Simeoni, et de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, ont pris part à un rassemblement de plusieurs centaines de personnes mercredi soir à Borgo où étaient entendus les deux villageois, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’attitude « plus que tendre » des pouvoirs publics

« Il est peu admissible que des partis aujourd’hui en charge de l’exécutif local et donc représentants des pouvoirs publics épousent une logique de défiance vis-à-vis de l’enquête en cours ou, même, laissent penser que certaines personnes n’auraient par nature aucun compte à rendre à la justice et aux forces de l’ordre », juge l’organisation antiraciste.

SOS Racisme dénonce également l’attitude « plus que tendre » des pouvoirs publics lors des « démonstrations de force antimaghrébines qui, dans une logique proche de l’auto-"justice", se sont déroulées dimanche dans le quartier de Lupino de Bastia aux cris notamment de "On est chez nous" ». Au lendemain de la rixe, des manifestants à Bastia avaient menacé de se rendre dans ce quartier populaire et métissé, criant « aux armes, on va monter parce qu’on est chez nous » mais en avaient été empêchés par les gendarmes.