Risque d’incendies: «Tout est réuni pour qu’on ait de grands feux» cet été

INTERVIEW La sécheresse exceptionnelle cette année sur le pourtour méditerranéen favorise les départs d'incendies...

Propos recueillis par Olivier Philippe-Viela

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Un incendie aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, le 11 août 2016.
Un incendie aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, le 11 août 2016. — BORIS HORVAT / AFP

Le sud de la France redoute les incendies. Après les 3.300 hectares détruits dans les Bouches-du-Rhône en début de semaine et les 1.100 hectares partis en fumée dans les Pyrénées-Orientales depuis jeudi matin, c’est le département des Landes qui se prépare au risque d’incendie sévère. Le directeur départemental du SDIS des Landes a indiqué à France Info que les effectifs de sapeurs-pompiers seront renforcés pour le week-end, en raison des fortes chaleurs attendues.

Faut-il s’attendre à ce que le reste de l’été 2016 soit rythmé par les départs d’incendies ? Eléments de réponses avec Isabelle Llorca, ingénieure chez Météo-France.

Quelles conditions favorisent les départs d’incendies ?

La sécheresse des végétaux est le premier facteur. Elle est directement liée aux pluies des derniers mois. S’il a beaucoup plu, ils seront moins secs et inversement. Et puis il y a les conditions ambiantes. L’humidité de l’air notamment : s’il est très sec, ça va favoriser un danger d’éclosion, de même que la température s’il fait très chaud. Ensuite, le vent est évidemment le principal facteur de propagation.

Mais les végétaux ne prennent pas feu tout seuls, sauf peut-être par réverbération solaire sur un tesson de bouteille. Tous les départs de feu ne sont pas intentionnels, mais accidentellement, un incendie démarre très rapidement.

L’été 2016 est-il particulièrement à risques ?

Sur les Bouches-du-Rhône par exemple, on a une pluviométrie qui est loin d’être record. Sur juin-juillet-août 2016, depuis 1950, il s’agit de la troisième année la plus sèche à cette période, après 1989 et 2003, années où l’on a déjà connu des grands feux.

La sécheresse est vraiment très importante et quand on a du vent, les conditions de propagation du feu sont extrêmement violentes. Là, tout est réuni pour qu’on ait de grands feux et que ces feux puissent démarrer de manière presque spontanée, par un mégot jeté ou une étincelle d’un appareil électroportatif.

Où les probabilités d’incendies sont-elles les plus importantes en France ?

Le pourtour méditerranéen, clairement. Les conditions de sécheresse y sont vraiment extrêmes cette année et le danger d’éclosion est important, même les jours où il n’y a pas beaucoup de vent. Il faut inciter les gens à la prudence. Les Bouches-du-Rhône sont très sèches depuis un moment, et maintenant il y a aussi le massif des Maures dans le Var, la Corse, les Landes, les Pyrénées-Orientales et l’Aude qui commencent à être particulièrement secs.