VIDEO. Libération de Jacqueline Sauvage refusée: Une décision «incompréhensible» pour ses avocates

JUSTICE Condamnée en appel à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent, alcoolique et incestueux, elle avait obtenu, le 31 janvier dernier, une grâce « partielle »…

H.B. et H.S.

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Des manifestantes demandent la libération de Jacqueline Sauvage, le 23 janvier 2016 à Paris.
Des manifestantes demandent la libération de Jacqueline Sauvage, le 23 janvier 2016 à Paris. — SEVGI/SIPA

Jacqueline Sauvage reste en prison. Sept mois après la grâce « partielle » accordée par François Hollande à Jacqueline Sauvage, le tribunal d’application des peines (TAP) de Melun (Seine-et-Marne) a refusé ce vendredi la libération conditionnelle de la sexagénaire, condamnée en appel à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari violent.

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Le parquet qui s'était dit favorable à la remise en liberté de cette femme de 68 ans, devenue un symbole des violences conjugales, « va faire appel », a ajouté la procureure.

« Elle ne peut prétendre vivre à proximité des lieux des faits »

« Ce qui ressort de la décision, c’est qu’il lui est reproché de ne pas avoir confirmé qu’elle avait finalement choisi de commettre ces faits », ont dit ses avocates, Me Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. « Il est précisé qu’elle ne peut prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui compte tenu des soutiens dont elle bénéficie risquerait de la maintenir dans une position victimaire », ont-elles ajouté. Et d’ajouter que le TAP a estimé que Jacqueline Sauvage « doit poursuivre et intensifier son travail de réflexion en personne responsable et respectueuse des règles ».

Les deux avocates ont annoncé, lors d’une conférence de presse, que leur cliente fera appel de cette décision : « Le parquet a toujours été favorable à la libération conditionnelle. C’est incompréhensible. C’est une décision politique en faveur de l’institution judiciaire qui veut assurer sa souveraineté. » 

«Accablée et scandalisée»

L'association féministe «Les effronté-e-s» s'est dite dans un communiqué «accablée et scandalisée» par le rejet de la demande de libération de Jacqueline Sauvage. « Nous sommes d'autant plus déçues que la mobilisation des militantes féministes avait réussi à lancer un vrai débat de fond sur les violences faites aux femmes », écrit l'association.

Interrogé par l'AFP,  François Bayrou a dénoncé « une décision incompréhensible », souhaitant que François Hollande, « qui a le droit de grâce, prenne jusqu'au bout ses responsabilités ».

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Jacqueline Sauvage avait été reconnue coupable, en première instance comme en appel, d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal. Lors de l’audience, ses trois filles avaient témoigné violemment à charge contre leur père, entrepreneur d’une société de transport, tué à l’âge de 65 ans. Aujourd'hui, «ses filles sont tout simplement dévastées», ont dit ses avocates. «Elles ne savent pas comment annoncer la décision à leurs enfants».