#Toutsexplique: On a testé la réunion sextoys pour hommes

TOUT SEXPLIQUE Réunir les hommes autour de sextoys pour parler de plaisir féminin, il fallait le faire...

Audrey Chauvet

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Une petite collection de sextoys
Une petite collection de sextoys — ToutSEXplique

« On n’a pas l’air un peu con, avec ça sur la bite ? » : étalés sur la table de réunion de la rédaction, les sextoys roses, vibrants ou en forme de « serpent qui a mangé des pierres » n’en finissent pas de susciter les blagues de mes cinq valeureux collègues qui ont accepté de tester les « Ma chérie party ». Ava, l’animatrice de la réunion et salariée de la marque de sextoys Fun Factory, en explique le principe : des réunions sextoys entre hommes pour qu’ils comprennent mieux comment fonctionne leur chérie et, si possible, qu’ils se laissent tenter par l’achat d’un jouet, de lingerie ou d’une crème à paillettes pour les fesses.

Les petits bolides et les deux chevaux

« Moi, je ne sais pas tout », avoue d’emblée S., le plus jeune de la bande. Les autres admettent silencieusement qu’ils ont certainement des choses à apprendre sur la sexualité féminine. « Les hommes ont une sexualité open-bar puisqu’ils ont un accès direct à leur sexe, tandis que les femmes ont tout en interne, à l’exception du clitoris », commence Ava. « C’est pour ça que les sextoys peuvent être un outil formidable de découverte », poursuit-elle, comparant les filles à des Dora l’exploratrice en string.

Menottés, se léchant les mains pour goûter des crèmes, mes cinq cobayes restent attentifs malgré les blagues qui fusent. Par exemple, quand Ava explique où se situe le point G en représentant le clitoris avec ses mains, les regards sont captivés. Un léger flottement de soulagement caresse l’assemblée lorsqu’elle rappelle que le vagin ne fait « que » 11 centimètres de longueur. La question de la taille est éludée, on peut passer aux choses sérieuses : « Nous allons voir comment on peut mettre en phase les petits bolides que vous êtes avec les deux-chevaux que sont les femmes ».

« J’aurais du mal à me rentrer un dauphin »

Bougies, lingerie, scénarios,… Tout est bon pour que madame « soit à fleur de peau », y compris les sextoys. « On peut parfois se sentir remplacé », lance Ava aux membres virils autour de la table. « Oui », acquiescent-ils en chœur, imaginant qu’un bon godemiché peut faire office de boyfriend. On rassure tout de suite nos garçons : un sextoy ne remplacera jamais au grand jamais la douce chaleur d’un torse velu et les attentions d’un être chéri. Mais il peut devenir « un compagnon du couple » et pas « un amant, ni un concurrent », retient R. L’idée par exemple de punir/récompenser sa copine en sortant ou non le petit jouet plait particulièrement à B., tandis que la forme de certains sextoys interroge J. : « Si j’étais une fille, j’aurais du mal à me rentrer un dauphin », nous dit-il. Pourtant, ce sont ces derniers que les femmes préfèrent : révélateur du rapport à la sexualité, très direct pour les hommes, plus sinueux pour les femmes qui trouvent trop vulgaire l’idée d’utiliser un gode ressemblant à une bite.

A la sortie de la réunion, nos garçons disent avoir appris quelques trucs : l’absence de zone érogène anale chez les femmes, l’utilité des boules de geisha, ou encore que « le plaisir féminin ne dépend pas de l’égo masculin ». N. pense que ces réunions sont utiles « notamment pour les mecs plus vieux ou moins éduqués à la chose qui ne savent vraiment pas grand-chose du plaisir féminin. Car ne rêvons pas, tous les hommes n’ont pas ma connaissance de la chose ». Tous admettent avoir été « décomplexés » sur l’utilisation des sextoys et malgré le discours forcément commercial ont apprécié la décontraction instaurée par Ava. « Il faudrait rendre ces séances obligatoires pour tous les salariés. Ça détendrait tout le monde », conclut B.