Faute d'autopsies, le nombre d'homicides pourrait être sous-estimé en France

POLICE En France, seuls 4% des décès font l'objet d'une autopsie, contre le double en Allemagne et le triple dans les pays scandinaves...

L.C.

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L'institut médico légal du CHU de Bordeaux, le 8 juillet 2004.
L'institut médico légal du CHU de Bordeaux, le 8 juillet 2004. — MICHEL GANGNE / AFP

Le nombre d’homicides est-il sous-estimé en France ? C’est la question posée par la revue Sang-Froid, qui estime que des meurtres passent probablement inaperçus. En cause, les failles de la médecine légale et plus particulièrement le nombre d’autopsies pratiquées dans l’Hexagone, nettement plus bas que dans d’autres pays européens.

4 % des macchabées autopsiés

En France, seuls 4 % des décès entraînent une autopsie, note le JDD. C’est deux fois moins qu’en Allemagne et trois fois moins que dans les pays scandinaves. Ce faible taux est dû au coût d’une autopsie, dont la facture s’élève à plus de 1.000 euros, et au fait que seul un procureur de la République est habilité à requérir une autopsie.

En outre, depuis la réforme de la médecine légale de 2010, les médecins légistes sont regroupés dans des hôpitaux régionaux. Pour les décès survenus loin de ces centres, des médecins généralistes sont sollicités. Or leur formation ne les prépare pas à identifier un homicide. Ainsi, une centenaire décédée en 2014 dans un village aveyronnais, de « mort naturelle » selon le médecin, avait en réalité été empoisonnée par son fils, qui est passé aux aveux en juin dernier.

Des homicides « noyés dans la masse »

­Sophie Gromb, responsable du service de médecine légale au CHU de Bordeaux, interrogée par le JDD, est convaincue que nombre d’homicides échappent aux autorités chaque année. « Aujourd’hui, le risque est de voir des homicides se noyer dans la masse », a-t-elle déclaré à l'hedomadaire.