Surpopulation carcérale: Valls et Urvoas visitent la prison de Nîmes

DETENTION Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas se rendent ce lundi à la maison d'arrêt de Nîmes pour une visite consacrée à la question de la surpopulation carcérale...

L.C.

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Manuel Valls, le 15 juillet 2016 à Paris.
Manuel Valls, le 15 juillet 2016 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C’est l’une des prisons les plus surpeuplées de France métropolitaine. Le Premier ministre Manuel Valls et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas se rendent ce lundi à la maison d’arrêt de Nîmes pour une visite consacrée à la question de la surpopulation carcérale.

Plus de 69.000 détenus pour 58.000 places

La question de la surpopulation carcérale est plus que jamais d’actualité, la France ayant atteint un nouveau record en juillet dernier, avec un nombre total de 69.375 personnes incarcérées selon l’administration pénitentiaire (AP).

Evolution du nombre de détenus écroués en France depuis juillet 2014.
Evolution du nombre de détenus écroués en France depuis juillet 2014. - AFP

Or, au 1er juillet 2016, la capacité des établissements pénitentiaires n’était que de 58.311 places opérationnelles. Parmi les détenus, 1.648 sont installés sur des matelas posés à même le sol. Cette surpopulation entraîne une promiscuité, une dégradation des conditions d’hygiène et des tensions dénoncées par les syndicats pénitentiaires

Carte de France des taux d'occupation des maisons d'arrêt en France.
Carte de France des taux d'occupation des maisons d'arrêt en France. - AFP

 

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La maison d’arrêt de Nîmes a un taux d’occupation de 211 %, soit 406 détenus pour seulement 192 places selon le directeur Luc Joly. Cet établissement est un « concentré des difficultés auxquelles est confrontée la Pénitentiaire », a déclaré le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas à Midi Libre, ajoutant qu’il souhaite « investir dans les prisons ».

L’Observatoire international des prisons (OIP), interrogé par France Bleu, espère que la visite ministérielle fera évoluer la situation. « Là, il ne peut pas rien se passer, explique François Py, fondateur de la branche gardoise de l’association. On ne peut pas rester à de vagues promesses ». Selon l’OIP, les détenus de la maison d’arrêt de Nîmes sont actuellement deux ou trois par cellule de neuf mètres carrés, alors que « les textes de loi prévoient au minimum 11 mètres carrés ».

Les syndicats de surveillants espèrent quant à eux une annonce concernant l’agrandissement de prisons ou la construction d’un nouvel établissement.

Alternatives à l’incarcération et meilleure répartition des détenus

Pour faire baisser la surpopulation, le garde des Sceaux souhaite également encourager les magistrats à recourir aux alternatives à l’incarcération, un vœu pieux dans le contexte actuel.

Selon le démographe pénitentiaire Pierre-Victor Tournier interrogé par France Info, les détenus pourraient également être mieux répartis entre les établissements pénitentiaires, certains disposant de places vacantes.