Le beau-frère de Chérif Kouachi a été arrêté à la frontière turque

ENQUETE Le jeune homme est soupçonné d'avoir voulu rejoindre les rangs de Daesh...

M.C.

— 

Un soldat turc à la frontière syrienne (illustration).
Un soldat turc à la frontière syrienne (illustration). — ILYAS AKENGIN / AFP

Il avait un temps été présenté, à tort, comme le « troisième homme » de l’attaque de Charlie Hebdo. Selon le Journal du dimanche, Mourad Hamyd, le beau-frère de Chérif Kouachi, a été intercepté fin juillet à la frontière turque, suspecté d’avoir voulu rejoindre les rangs de Daesh.

Après l’attentat du 7 janvier 2015, le jeune homme avait rapidement été mis hors de cause grâce aux témoignages de ses camarades de classe, affirmant qu’il se trouvait en cours avec eux dans son lycée de Charleville-Mézières au moment de l’attaque. « On a jeté en pâture mon nom sans vérifications, en me mêlant à ces crimes barbares. J’espère seulement que cela n’entachera pas mon avenir », s’était-il indigné à l’époque.

Placé en centre de rétention en Bulgarie

Mourad Hamyd n’a plus fait parler de lui, rapporte le JDD, jusqu’au 25 juillet dernier, jour où sa famille aurait déclaré sa disparition, redoutant un départ vers la Syrie ou l’Irak. Le parquet de Charleville-Mézières saisit alors la PJ de Reims, qui constate que celui qui vient de terminer sa première année de fac en Sciences et Technologie fait l’objet d’une fiche S, et diffuse son signalement, précise le journal.

Le 28 juillet, révèle encore le JDD, la police apprend que Mourad Hamyd a été refoulé par les autorités turques et placé en centre de rétention en Bulgarie. Le parquet antiterroriste de Paris aurait ouvert une information judiciaire en vue de délivrer un mandat d’arrêt européen à son encontre.

« Un comportement typique pour un combattant étranger »

« Il a été arrêté, identifié, toutes les mesures nécessaires sont prises, nous attendons le déroulement de la procédure judiciaire », a confirmé à l’AFP la ministre bulgare de l’Intérieur, Roumiana Batchvarova, selon qui la justice bulgare pourrait statuer dès le 9 août sur son extradition.

« Il avait un comportement typique pour un combattant étranger », a précisé la ministre, sans livrer davantage de détails sur le lieu et les conditions de son interpellation. « Il est aujourd’hui dans un lieu sûr où il ne représente pas un danger pour les autres », a-t-elle assuré.