Noyade, vol, enfants égarés: Comment profiter de la plage en toute sécurité

VACANCES Cet été, 297 maîtres-nageurs sauveteurs CRS sont déployés sur les plages françaises…

Hélène Sergent
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Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016.
Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Profiter des vacances sans gâcher la fête. Comme chaque année, plusieurs centaines de policiers, sapeurs-pompiers et sauveteurs bénévoles sillonnent le littoral français pour tenter d’offrir aux estivants l’assurance d’un séjour en toute sécurité. Vol, incivilité, noyade ou risque de blessure peuvent être évités en respectant quelques règles et en adoptant certains réflexes.

Des bracelets pour les enfants

Il suffit souvent de quelques secondes d’inattention pour qu’un enfant, notamment les plus petits, s’égare au milieu des nuées de parasols. Pour remédier à cette angoisse partagée par nombre de parents, la quasi-totalité des zones de baignades surveillées proposent, directement au poste de secours, de bracelets pour identifier rapidement les enfants égarés.

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Gilles Guedal est responsable de la sécurité des plages dans les sept communes qui composent l’agglomération Royan Atlantique : « Cela fait plusieurs années que ce dispositif a été mis en place et il est très efficace. Les parents peuvent venir chercher ces bracelets auprès des sauveteurs et indiquer le nom et le prénom de l’enfant ainsi qu’un numéro de téléphone où les joindre en cas de perte ». Les délais pour retrouver les petits vacanciers égarés sont ainsi raccourcis, notamment sur les plages qui connaissent une très forte affluence. A l’été 2014, près de 550.000 bracelets ont été distribués sur les plages françaises.

Moins de CRS mais des policiers armés

C’est l’une des conséquences de l’attentat perpétré le 13 juin dernier à Magnanville contre un couple de policiers, assassinés à leur domicile. Cet été et pour la première fois, les chefs de poste des nageurs sauveteurs (NS) CRS, ou leurs adjoints en cas d’absence, sont autorisés à porter une arme. Une disposition qui rassure les fonctionnaires mobilisés, confie Cyril Lambert, référent national des nageurs sauveteurs CRS au sein du syndicat Unsa Police : « Sur la plage, on est en short et tee-shirt blanc avec le logo 'CRS Sauveteurs' visible dans le dos. Si un déséquilibré veut attaquer un fonctionnaire de police sur une plage, ce dernier aura au moins la capacité de se défendre si besoin ».

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Au-delà de la vulnérabilité des policiers dans un contexte estival marqué par plusieurs attaques terroristes, la présence de CRS en zone de baignade permet aux communes de disposer d’un pouvoir de police directement sur le lieu d’éventuelles infractions : « Notre spécificité, par rapport aux sauveteurs civils, c’est notre pouvoir de coercition. On peut intervenir sur des infractions liées à la consommation d’alcool ou de stupéfiants par exemple. On est là pour faire appliquer les arrêtés municipaux pris pour la saison comme l’interdiction de certains jeux dangereux. On peut également verbaliser et on se trouve au plus proche des vacanciers en cas de vols d’effets personnels », détaille le syndicaliste.

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Dans ce cas précis, le policier ne peut et ne veut pas interdire aux vacanciers d’apporter leurs smartphones, prisés des voleurs, sur le sable : « Il ne faut pas inverser les rôles », justifie le sauveteur. Pour éviter ce désagrément qui peut pourrir le séjour, l’idéal reste de ne jamais laisser ses effets personnels sans surveillance sur sa serviette. A noter, enfin, que les CRS ont entamé la saison plus tard (le 20 juillet) que les années passées, Euro de football oblige, précise-t-on au ministère de l’Intérieur. « On était 461 l’année dernière contre 297 cette année, présents sur 66 communes contre 100 en 2015 », précise également Cyril Lambert.

S’informer et se responsabiliser

L'été dernier, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a recensé 1.219 noyades, dont la moitié en mer, qui se sont soldées, dans 36 % des cas, par la mort du nageur. Comment éviter le drame ? Pour Laurent Sagnimorte, chef de secteur MNS (Maître nageur sauveteur) à Palavas-Les-Flots, plusieurs réflexes faciles à adopter permettent d’assurer la sécurité des baigneurs : « Une zone de baignade non surveillée, cela implique des délais d’intervention plus longs en cas d’accident ou de nageur en difficulté. Il faut privilégier les zones surveillées, d’autant qu’elles sont prises en charge par la mairie, c’est un service public. La couleur de la flamme [drapeau] permet de donner une idée de la dangerosité de la baignade. Si c’est vert, c’est qu’il n’y a pas de danger particulier, si elle jaune-orangée c’est qu’un danger existe et si c’est rouge, cela signifie que la baignade est interdite ».

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Le sauveteur de la S.N.S.M, principale association de sauveteurs en mer, conseille également aux vacanciers de s’informer directement au poste de secours : « Sur les panneaux, on affiche chaque jour les prévisions météorologiques, les températures. Quand on n’est pas bon nageur, on conseille toujours de ne pas se baigner seul, de prévenir ses proches si on souhaite nager loin, et il faut rester à l’écoute de son corps. Une sensation d’inconfort, la tête qui tourne ou des fourmillements sont autant de signaux qui doivent alerter pour sortir de l’eau. » Et pour les bons nageurs, attention à ne pas inciter les autres à s’aventurer dans les flots lorsque la baignade est interdite : « Même si certains vont pouvoir nager sans difficulté, d’autres, moins à l’aise vont vouloir les suivre et prendre des risques, il faut savoir se responsabiliser. »