Paris: L'église Sainte-Rita évacuée, droite et extrême droite s'indignent

JUSTICE Une trentaine de personnes ont été évacuées de l’édifice religieux qui doit laisser place à des logements…

O. P.-V. et H. B. (avec AFP)

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L'église Sainte-Rita était la seule à Paris acceptant les animaux lors des offices.
L'église Sainte-Rita était la seule à Paris acceptant les animaux lors des offices. — FRANCK FIFE

Après des années de feuilleton judiciaire, l’église Sainte-Rita, située dans le XVe arrondissement de Paris, a été évacuée entre 7h et 8h30 ce mercredi matin. Plusieurs personnes opposées à la démolition de cet édifice, considéré comme « l’église parisienne des animaux », ont été évacuées de force. « Une trentaine de personnes ont pris place à l’intérieur du bâtiment pour s’opposer à la reprise des lieux. Leur évacuation s’est déroulée sans incident », précise la préfecture de police dans un communiqué.

L’édifice n’appartient pas à l’Eglise catholique. C’est le propriétaire privé de ce bâtiment au style néogothique situé rue François Bonvin, l’association des Chapelles Catholiques et Apostoliques, qui demande sa démolition en vue d’une opération immobilière confiée à la société Garibaldi. Les travaux de construction de logements, qui devaient démarrer en octobre 2015, se sont jusqu’alors heurtés à la présence d’occupants « sans droit ni titre », selon la préfecture de police. « Depuis la cession de cette propriété, une palissade métallique a été posée et quelques fidèles se réunissaient sur le trottoir, l’église n’est pas consacrée ni dédiée au culte », précise-t-elle.

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Prévenus la veille dans l’après-midi de l’intervention des CRS, plusieurs fidèles ainsi qu’une dizaine de membres « de l’Action française », selon Frigide Barjot, présente lors de l’intervention, ont essayé de bloquer les entrées de l’église avec des sacs de gravats, « une défense passive » selon l’un d’entre eux. Une personne en possession de gaz lacrymogène et d’une matraque téléscopique a été interpellée par les forces de l’ordre au cours de l’évacuation.

Une image a fait parler sur Twitter, en particulier dans les milieux d’extrême-droite, celle de l’abbé qui célébrait l’une des messes du matin, traîné au sol par les gendarmes. Jean-François Billot, l’abbé en question, indique s’être « mis devant les fidèles les bras en croix pour les protéger ».

« Un acte indigne » pour Les Républicains

Des élus de droite, dont certains étaient sur place mercredi aux alentours de 06h45 pour empêcher l’évacuation, se sont notamment indignés que l’opération ait lieu « alors que toute la communauté chrétienne est en deuil », a souligné Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement.

Olivier Rigaud, conseiller Les Républicains de l’arrondissement, présent sur place, assure que « les gens du XVe souhaitent préserver l’église en l’état ». Il justifie cette occupation par le fait que le promoteur avec l’association gallicane propriétaire de Sainte-Rita n’a pas versé l’acompte de 10 % promis lors de la signature de la promesse de vente en janvier 2015.

Sur Twitter, plusieurs élus de droite ont exprimé leur indignation face à cette évacuation forcée. Présent sur les lieux, le député LR Frédéric Lefebvre a pour sa part qualifié l’évacuation, qui s’est déroulée selon lui pendant une messe, « d’acte indigne, perpétré au cœur de l’été, en profitant de l’absence d’une grande partie des paroissiens et du choc des fidèles après l’assassinat terroriste de Saint-Etienne-du-Rouvray ».

Le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a quant à lui dénoncé « un pouvoir socialiste sans âme et sans repère ».

L’adjoint au logement de la mairie de Paris, Ian Brossat, a rappelé sur Twitter également que la démolition de l’église Sainte-Rita est un accord entre personnes privées, bien que dénoncé par les opposants à la destruction du bâtiment.

L’église Sainte-Rita était la seule à Paris acceptant les animaux lors des offices. Une bénédiction annuelle d’animaux, qui attire des centaines de personnes, s’y déroulait le premier dimanche de novembre.