Nord: Licenciée par Auchan pour une erreur de 2,80 euros

SOCIAL L'ancienne employée dénonce aujourd’hui une «injustice», et envisage de porter l’affaire devant les Prud’hommes...

G.D.

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Illustration ticket de caisse
Illustration ticket de caisse — DURAND FLORENCE/SIPA

L'histoire n'est pas sans rappeler le scénario de La loi du marché avec Vincent Lindon. Une caissière d’Auchan City à Tourcoing conteste son licenciement. Elle est accusée d’avoir volontairement mal comptabilisé des produits au bénéfice d’une cliente, à en croire la lettre de licenciement que 20 Minutes s'est procurée. Préjudice pour le grand distributeur : 2,80 €.

Promotions multiples

L’affaire date du samedi 9 juillet. L’hôtesse de caisse, employée depuis 2011, travaille à la surveillance des caisses minute. Une cliente achète quatre packs d’eau gazeuse qui bénéficient d’une promotion : un acheté/un gratuit.

« Elle fait remarquer à la caissière que des stickers posés sur les packs indiquent une promotion supplémentaire. Cette dernière fait la manipulation adéquate pour réaliser la bonne affaire de la cliente qui s’aperçoit alors qu’il lui reste un euro. Elle laisse alors ses packs d’eau sous la surveillance de l’hôtesse et revient avec ses paquets de nouilles », raconte un délégué CGT, syndicat dont l’employée incriminée est adhérente.

Concentré de tomate à 85 centimes

Cette fois encore, l’hôtesse de caisse se voit obligée de faire une manipulation sur le ticket pour arriver à un total de 1€. La cliente avait scanné quatre paquets de pâtes de marque Auchan : elle doit se résigner à n’en prendre que deux.

Pour finir, après avoir quitté la caisse, cette cliente se fait alpaguer par un vigile. Elle n’avait pas scanné une petite boîte de concentré de tomate d’une valeur de 85 centimes. L’achat est finalement réglé. Fin de l’épisode.

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Licenciement pour faute grave

Deux jours plus tard, le lundi, l’employée se voit remettre un courrier stipulant une mise à pied conservatoire de onze jours. Elle est par ailleurs convoquée à un entretien préalable au licenciement, le 22 juillet. Elle ne s’y rend pas, placée en arrêt maladie par son médecin.

Le 28 juillet, elle reçoit une lettre de licenciement pour faute grave. La direction d’Auchan lui reproche de ne pas avoir « comptabilisé les articles correctement (annulation, bons de réduction non valables, non scannage..) sur plusieurs tickets de caisse et pour la même cliente ». C'est la double prise en compte de promotions sur les packs d'eau qui semble porter un préjudice financier: 2,80 €.

Cette maman de trois enfants vit cette situation comme une injustice. « S’il fallait dépanner le dimanche, j’y allais. Et je n’ai jamais posé un arrêt en cinq ans et demi », raconte-t-elle à La Voix du Nord. L’affaire devrait finir aux Prud’hommes.

Contrat de confiance rompu

Interrogée par le quotidien régional, le chef de la sécurité d’Auchan s’explique : « L’employée est délibérément intervenue sur son écran pour valider ce que l’on appelle un chariot de complaisance. Elle était de connivence : il y a malversation ».

Pour lui, c’est une question de « confiance accordée » au personnel. « On ne peut pas mettre un agent de sécurité derrière chacun d’entre eux ! À partir du moment où cette confiance est bannie, le contrat est rompu : c’est un principe intangible. »

Depuis 2012, cette hôtesse de caisse est la cinquième personne à être licenciée à Auchan City.