Attentat de novembre: Le Conseil d'Etat a rejeté la demande de suspension de la vidéosurveillance de Salah Abdeslam

PRISON La demande a été formulée par l'avocat du suspect numéro 1 des attentats de Paris...

G. N. avec AFP
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Me Berton, l'avocat de Salah Abdeslam, avait demandé la suspension de la vidéosurveillance de son client.
Me Berton, l'avocat de Salah Abdeslam, avait demandé la suspension de la vidéosurveillance de son client. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le Conseil d’Etat a rejeté jeudi la demande de suspension de la vidéosurveillance de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13 novembre, estimant qu’elle ne portait pas une « atteinte excessive » à sa vie privée.

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Une mesure justifiée par le contexte

« Ni la loi autorisant cette vidéosurveillance, ni son application au requérant [Abdeslam, ndlr] ne [portent] une atteinte excessive à la vie privée de l’intéressé », estime dans un communiqué la plus haute juridiction administrative. Les juges des référés ont notamment « relevé que cette mesure se justifiait par le contexte d’attentats terroristes en France et la présomption que le requérant bénéficie du soutien d’une organisation terroriste internationale ».

Le détenu le plus surveillé de France avait saisi la plus haute juridiction administrative pour obtenir la suspension de sa mise sous vidéosurveillance en invoquant une atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée.

Débouté une première fois

Débouté de sa demande en première instance par le tribunal administratif de Versailles, il a fait appel en utilisant une procédure d’urgence et trois juges ont été mobilisés jeudi pour examiner sa requête.

Salah Abdeslam, 26 ans, est détenu à l’isolement à Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d’Europe, dans une cellule spécialement aménagée, sous la surveillance ininterrompue de caméras, deux dans sa cellule, d’autres dans sa salle de sport et pour ses promenades.

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Un « point de rupture »

« On est arrivé à un point de rupture. On ne peut pas vivre à 100 % sous la surveillance de "Big Brother" », avait expliqué l’avocate d’Abdeslam au Conseil d’Etat, Claire Waquet, qui soupçonnait le ministère de vouloir renouveler le dispositif « tous les trois mois pendant quatre ans, jusqu’à la tenue de son procès ».

« Je suis témoin pour l’avoir visité dix fois que Salah Abdeslam ne supporte plus cette vidéosurveillance », avait expliqué son autre avocat, Franck Berton. « Je veux qu’il parle et je pense qu’il parlera mais pour l’instant, il a fait vœu de silence », constate-t-il en liant son attitude à « cette vidéosurveillance dont il ne veut plus ».