Attentat dans une église près de Rouen: «J'avais leur revolver dans le cou», raconte une otage

TEMOIGNAGE Jeanine, 86 ans, présente avec son mari dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, raconte comment s’est déroulée la prise d’otages…

H. B.
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Des policiers bloquent le périmètre de l'église Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, le 26 juillet 2016, lieu d'une prise d'otages
Des policiers bloquent le périmètre de l'église Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, le 26 juillet 2016, lieu d'une prise d'otages — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

C’est un témoignage très fort. Jeanine, 86 ans, et son mari Guy sont passés tout près de la mort, ce mardi matin lors de la prise d’otages à Saint-Etienne-du-Rouvray dans laquelle le père Jacques Hamel a sauvagement été assassiné. L’octogénaire en est sortie indemne, son mari a eu moins de chance : il a reçu plusieurs coups de couteau, mais ses jours ne sont pas en danger. Jeanine, encore très affectée, a raconté cette terrible scène à BFMTV.

« Quand l’un des terroristes s’est approché de moi, il m’a dit qu’il n’allait pas me faire de mal parce que nous allions servir d’otages. Il parlait des trois sœurs présentes et de moi. Alors là on s’est dit : “Bon, on ne va pas mourir tout de suite. On mourra peut-être tout à l’heure mais…” »

« Il est tombé la face vers le ciel »

« Au père Jacques, ils lui ont d’abord mis un coup, sûrement au cou. Il est tombé la face vers le ciel, vers nous […] Et ensuite, ils lui ont donné d’autres coups et, là, c’était terminé… », raconte Jeanine à BFMTV.

« Les terroristes avaient donné un téléphone portable à mon mari pour qu’il filme ou photographie le père une fois exécuté », précise Jeanine. « C’est ensuite qu’ils ont pris mon mari en otage et ils en ont fait autant… », ajoute l’octogénaire. « Il a pris quatre coups de couteau dans le cou, les bras et le dos. […] Ils voulaient le tuer, comme le prêtre », explique Jeanine. Pour rester en vie, Guy a alors « fait le mort ».

« Ils me tenaient par le dos avec leur revolver dans le cou »

Pendant ce temps, les terroristes détenaient toujours Jeanine en otage. « Ils me tenaient par le dos avec leur revolver dans le cou. Est-ce qu’il était factice ? Je n’en sais rien. Mais il était dans mon cou… Ensuite, ils ont affûté le couteau. C’est tout. »

Jeanine et son mari restent aujourd’hui très traumatisés. Ils ont été pris en charge par une cellule psychologique.