Attentat de Nice: Le dispositif de sécurité «n'était pas sous-dimensionné», conclut l'IGPN

TERRORISME L'IGPN a dévoilé les conclusions de son rapport ce mercredi soir...

N.Beu. avec AFP

— 

Le camion utilisé par un terroriste pour tuer 84 personnes sur la Promenade des Anglais, à Nice.
Le camion utilisé par un terroriste pour tuer 84 personnes sur la Promenade des Anglais, à Nice. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le dispositif de sécurité « n’était pas sous-dimensionné ». Le rapport attendu de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) a finalement indiqué que le dispositif de sécurité mis en place à Nice la nuit du 14 au 15 juillet, lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait foncé avec son camion dans la foule sur la Promenade des Anglais tuant 84 personnes et en blessant plus de 300, était suffisant, a révélé ce mercredi soir la police des polices.

Face aux nombreuses polémiques, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait demandé le 21 juillet un rapport à l’IGPN sur ce dispositif de sécurité, qui n’avait pu empêcher Mohamed Lahouaiej Bouhlel de foncer avec un camion dans la foule, tuant 84 personnes.

Le président LR de la région Paca et le premier adjoint au maire de Nice, Christian Estrosi a jugé que ce rapport « ne saurait être suffisant ». « Ce rapport n’est pas de nature à répondre aux questions qui restent en suspens et à notre volonté d’obtenir la manifestation de la vérité. (…) Cette enquête (…) ne saurait être suffisante pour répondre aux interrogations légitimes des familles des victimes », ont déclaré l’élu et le maire de Nice Philippe Pradal dans un communiqué commun.

Pas de « mensonge d’Etat »

Ces polémiques « sont le fruit d’une mauvaise compréhension ou une interprétation des informations peut-être pas complètement stabilisées qui ont été rapidement fournies dans un souci de transparence », a estimé Marie-France Moneger-Guyomarc’h, patronne de l’IGPN.

>> A lire aussi : Comment était sécurisée la Promenade des Anglais ?

Elle a confirmé le nombre de policiers nationaux (64) et municipaux (42) déployés pour l’occasion annoncé par la préfecture des Alpes-Maritimes alors que des représentants de l’opposition de droite affirmaient que les autorités n’avaient pas su sécuriser les lieux. Le président (Les Républicains) de la région Paca, Christian Estrosi, les avait contestés, dénonçant un « mensonge d’Etat ».

Quatre réunions préparatoires

Ce dispositif a fait l’objet de « quatre réunions préparatoires dont deux en préfecture » avec des représentants des polices nationale et municipale, selon le rapport. L’IGPN confirme donc une information déjà fournie par la préfecture des Alpes-Maritimes la semaine dernière.

Il était acté que la police municipale était chargée des points de barrage à la circulation (Gambetta et Ile de beauté) et la police nationale de trois points de contrôle (Meyerbeer, Verdun et Phocéens) délimitant la « Prom' party », zone dans laquelle circulaient aussi des policiers en patrouille.

Une répartition attendue des effectifs

« Traditionnellement la police municipale participe au défilé dans l’après-midi et les défilants sont invités à la garden-party du maire. Ce sont les policiers nationaux qui assurent pendant ce temps-là les points de circulation sur le périmètre des festivités et ils sont relevés à partir de 20h30 par les policiers municipaux qui reprennent leur mission de circulation », a expliqué la cheffe de la « police des polices ».

« Il était donc normal de trouver à 21h à l’angle de la rue Gambetta et de la Promenade des Anglais, deux policiers municipaux devant un barrage qui déviait la circulation », a-t-elle relevé.

Des forces mobiles réparties ailleurs

Le préfet de la zone Sud disposait par ailleurs de cinq forces mobiles qu’il a réparties ailleurs dans la région, sur des manifestations avec davantage de monde (500.000 personnes à Carcassonne) ou plus de risque de violences urbaines ou de récurrence de troubles à l’ordre public.

« Pour compenser, le directeur départemental de la sécurité publique a augmenté les effectifs prévus de 20 unités » soit « par rapport à l’année passée, 50 % supplémentaires », selon l’IGPN.

Des relations dégradées entre police nationale et municipale

La « police des polices » a rencontré des « interlocuteurs très marqués par les événements » et qui « vivent très mal les polémiques » comme « une mise en cause injustifiée ».

L’IGPN s’inquiète de l’avenir de la coopération police nationale et police municipale qui jusque-là était « marquée par une grande expérience et une confiance réciproque ». Et « appelle à l’attention des autorités sur la nécessité de préserver ces acquis dans l’intérêt supérieur du service public », conclut le rapport.

Dimanche, la cheffe du service pilotant la vidéosurveillance à la police municipale de Nice, Sandra Bertin, a également affirmé avoir subi des pressions de la place Beauvau pour modifier son rapport sur ce dispositif de sécurité. Deux enquêtes préliminaires ont été ouvertes par la justice après ces accusations : l’une à Nice pour « abus d’autorité », l’autre à Paris pour « diffamation ».