Attentat de Nice: L'histoire de Timothé Fournier, mort en sauvant sa femme enceinte, était fausse

TERRORISME L’histoire de ce buraliste parisien de 27 ans a complètement été inventée…

H. B.

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Le mémorial en hommage aux victimes du 14 juillet à Nice
Le mémorial en hommage aux victimes du 14 juillet à Nice — VALERY HACHE / AFP

Timothé Fournier existe-t-il vraiment ? L’histoire de ce jeune Parisien, mort en héros lors de l’attentat de Nice, avait ému tout le monde au lendemain du drame. Plusieurs médias étrangers avaient d’ailleurs fait écho du destin tragique de ce buraliste de 27 ans, mort en voulant protéger sa femme enceinte. Dans une de ses dépêches, l’Agence France-Presse écrivait : « Timothé Fournier, 27 ans, buraliste à Paris, est mort en protégeant sa femme, enceinte de sept mois, qu’il a poussée sur le côté juste avant que le camion le percute ». Et avait même publié le témoignage d’une de ses proches, Anaïs : « C’était une crème de bonté (…), un jeune homme rêveur mais qui était toujours là pour sa femme et son futur enfant ».

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Seulement voilà, Timothé Fournier n’a en fait jamais existé, et son histoire a été purement inventée.

Pas dans la liste officielle des 84 victimes

C’est une journaliste de France 2 qui se serait aperçue de la supercherie. Elle aurait cherché à contacter la famille du jeune homme. « J’ai appelé toutes les fédérations de buralistes de Paris et je n’ai trouvé aucune trace de Timothé Fournier », raconte Valérie Heurtel sur le site Francetv.info.

Et lorsque la mairie de Nice publie la liste officielle des 84 victimes de l’attentat, aucune trace du mystérieux Timothé. Un journaliste de Nice Matin décide alors d’interroger la mairie de Nice. La municipalité confirme que le supposé héros ne figure pas dans la liste des victimes : « Timothé Fournier est toujours en vie. Ou alors il n’existe pas. »

L’AFP déclare avoir été victime d’un « fake »

Ce mercredi, l’AFP a fait son mea culpa. L’agence de presse pense avoir été victime d’un faux de la part d’une personne qui s’est fait passer pour la cousine de cette supposée victime en donnant un luxe de détails qui ont induit le journaliste en erreur. Cette personne n’a plus répondu aux multiples sollicitations de l’AFP et a fermé le compte Twitter via lequel l’Agence avait été en contact avec elle.

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« Notre journaliste, par un excès de délicatesse et d’empathie vis-à-vis des victimes de l’attentat, n’a pas procédé à suffisamment de recoupements et de vérifications. C’est très regrettable et dommageable pour l’Agence et pour ses clients qui ont repris l’information. Mais nous avons été victimes d’un acte malveillant », a commenté la directrice de l’Information, Michèle Léridon.

« Nous avons rappelé avec fermeté à la rédaction nos règles sur les sources et l’utilisation des réseaux sociaux. Plus la pression médiatique et émotive est forte, plus nous devons nous tenir à ces règles », a rappelé la directrice de l’information de l’AFP.