Attentat dans une église près de Rouen: Ce que l’on sait des deux terroristes qui ont égorgé un prêtre

TERRORISME Ils ont été abattus par les hommes de la Brigade de recherche et d’intervention, ce mardi matin à Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime)…

V. Vantighem et F. Floux

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Des policiers français devant l'Hôtel de ville de Saint-Etienne-du-Rouvray, où un prêtre a été assassiné mardi 26 juillet 2016.
Des policiers français devant l'Hôtel de ville de Saint-Etienne-du-Rouvray, où un prêtre a été assassiné mardi 26 juillet 2016. — Francois Mori/AP/SIPA

Après avoir égorgé le père Jacques Hamel, ils sont sortis sur le parvis de l’église en criant « Allahou akbar ». C’est à cet endroit que les deux hommes qui ont mené la prise d’otages à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), ce mardi matin, ont été abattus par les forces de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Rouen.

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Sur place, François Hollande n’a pas tardé à dénoncer « un ignoble attentat terroriste ». En même temps, les services du renseignement intérieur étaient auprès des dépouilles des deux terroristes pour commencer à recueillir les premiers indices. 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait déjà sur l'un d'entre eux, l'autre n'ayant toujours pas été formellement identifié.

  • L’un des deux hommes était sous bracelet électronique

Adel K., 19 ans, était suivi par les services antiterroristes après avoir tenté de rejoindre les rangs de Daesh en 2015. Il avait été signalé par un membre proche de sa famille en mars 2015. Il est alors interpellé en Allemagne en possession des papiers d'identité de son frère. Il tente une seconde fois de rejoindre la Syrie en mai 2015. Refoulé par la Turquie après avoir transité par la Suisse, il a été incarcéré plusieurs mois en détention provisoire à partir de mai 2015 avant d’être libéré en mars 2016 et placé sous bracelet électronique, a appris 20 Minutes auprès d’une source proche de l’enquête. Selon nos informations, le parquet s’était opposé à sa libération sous bracelet mais n’avait pas été suivi par le juge des libertés et de la détention, compétent en la matière.

  • Il était originaire de Normandie

Cee jeune homme né le 25 mars 1997 était originaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), non loin de Saint-Etienne du Rouvray, où la prise d’otages a eu lieu. « Il venait d’un ensemble de grands bâtiments du quartier Château Blanc connu pour abriter des cas de personnes radicalisées », confie une source policière. Il aurait été visuellement reconnu par les policiers locaux. 

Fin 2014, Le Parisien révélait qu’une filière d’acheminement de djihadistes vers la Syrie avait été démantelée dans ce secteur géographique. Selon le quotidien, leur « point d’ancrage était une mosquée à tendance salafiste de Saint-Etienne-du-Rouvray ».

  • Ils étaient porteurs d’armes blanches et d'un arme de poing

Il n’a pas fallu longtemps aux enquêteurs pour découvrir que le père Jacques Hamel avait été égorgé par les terroristes équipés d’armes blanches. Ils ont aussi tenté d’égorger un paroissien qui a été réanimé lors de l’arrivée du Samu.

D'après François Molins, l'un des deux terroristes était équipé d'une ceinture d'explosifs factice ainsi qu'une arme de poing et de trois couteaux. L'autre était muni d'un sac à dos dans lequel se trouvait également un faux engin explosif. Lors de l’assaut, l’un des hommes de la BRI a été, selon nos informations, « légèrement blessé à un mollet par un projectile ». Mais l’enquête n’a pas encore permis d’établir d’où il provenait. Revendiquant l’attentat de ce mardi matin, Daesh a qualifié les deux hommes de « soldats » qui « répondaient aux appels à prendre pour cible les pays de la coalition ». L'identification du second individu est toujours en cours.