Attentat de Nice: Enquête préliminaire pour «abus d'autorité» après le signalement de Sandra Bertin

ENQUETE Sandra Bertin accuse des personnes s’étant présentées comme relevant du ministère de l’Intérieur d’avoir fait pression sur elle pour qu’elle modifie un rapport sur l’attentat...

20 Minutes avec AFP
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Sandra Bertin, la policière municipale pilotant la vidéosurveillance à Nice
Sandra Bertin, la policière municipale pilotant la vidéosurveillance à Nice — VALERY HACHE / AFP

Le procureur de Nice a annoncé avoir ouvert ce mardi une enquête préliminaire pour vérifier les allégations « d’abus d’autorité » émises par la policière municipale niçoise Sandra Bertin.

« Abus d’autorité »

Le délit particulier « d’abus d’autorité » vise à éventuellement sanctionner une personne détentrice d’une autorité donnant des instructions contraires à la loi, a précisé le procureur Jean-Michel Prêtre.

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Sandra Bertin, qui dirige le centre de vidéosurveillance de la ville de Nice, après avoir réussi un concours national, accuse notamment un « commissaire de police » envoyé selon elle par le ministère de l’Intérieur et une autre personne disant faire partie du cabinet ministériel, jointe par téléphone, de lui avoir demandé « de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale » et de rédiger un rapport « modifiable » sur le déroulement de l’attentat de Nice.

« La dénonciation de Sandra Bertin est un dossier niçois, car les faits se déroulent à Nice et n’ont pas de relation directe avec l’affaire terroriste. Son signalement consiste à se plaindre d’avoir été mise sous pression et d’avoir été contrainte de faire quelque chose qu’elle n’a pas fait en définitive », a commenté le procureur.

Deux signalements, une seule affaire

Le parquet a reçu lundi deux signalements dans le cadre de cette même affaire, qui a relancé la polémique autour du dispositif de sécurité déployé le 14 juillet, qui oppose les élus locaux, Christian Estrosi (LR) en tête, au gouvernement. L’un émane de Sandra Bertin et l’autre est signé du maire de Nice Philippe Pradal (LR) et du président de la métropole Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi, aujourd’hui premier adjoint de Philippe Pradal pour se conformer à la loi sur le cumul des mandats depuis sa victoire aux régionales en Paca.

Le procureur dispose désormais de tous les éléments, y compris le nom du responsable qui aurait téléphoné à Sandra Bertin depuis Paris et dont l’identité va être vérifiée. Une source policière a affirmé lundi à l’AFP qu’il s’agirait en réalité d’une commissaire de la direction centrale de la sécurité publique, « pour une remontée d’information habituelle », et non à un membre du cabinet du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les deux signalements ont été faits sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, qui enjoint à tout fonctionnaire de signaler « sans délai » tout crime ou délit dont il acquerrait la connaissance.