Attentat dans une église près de Rouen: La Normandie face au djihadisme

TERRORISME Les cas de départs vers la Syrie se sont multipliés ces dernières années, du côté de Rouen et de Caen...

Florence Floux

— 

Capture d'écran en date du 17 novembre 2014 d'une video de propagande diffusée le 16 novembre 20147 par al-Furqan Media du Français Maxime Hauchard alias Abu Abdallah al-Faransi
Capture d'écran en date du 17 novembre 2014 d'une video de propagande diffusée le 16 novembre 20147 par al-Furqan Media du Français Maxime Hauchard alias Abu Abdallah al-Faransi — - AL-FURQAN MEDIA

La ville de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) visée par un attentat… A première vue, ce n’était pas la cible la plus évidente pour une attaque terroriste. Pourtant, à y regarder de plus près, la Normandie n’échappe pas au problème du djihadisme et de la radicalisation violente.

>> A lire aussi : Ce que l'on sait des deux assaillants de l'église

D’après nos informations, au moins l’un des deux hommes qui ont attaqué l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray ce mardi matin était originaire de la commune. Ce jeune homme de 19 ans, dont Daesh a revendiqué l’attentat, avait été arrêté en 2015 en Turquie alors qu’il tentait de rejoindre la Syrie. Incarcéré, il avait été placé sous bracelet électronique en mars 2016, selon une source proche de l’enquête.

Rouen de plus en plus concerné

Plusieurs cas de départs vers la Syrie ou de tentatives ont été recensés près de Rouen au cours des dernières années, notamment auprès de jeunes fréquentant les mosquées à tendance salafiste de Saint-Etienne et Elbeuf, deux villes de la banlieue rouennaise. Le Parisien relatait en 2014 le démantèlement d’une filière djihadiste vers la Syrie basée dans ces deux communes. Le parquet de Rouen y décrivait alors un « foyer de dérive radicale ».

>> A lire aussi : Que s'est-il passé à Saint-Etienne du Rouvray ?

Françoise Guégot, députée Les Républicains de Seine-Maritime, se souvient que la police avait mis en place une surveillance lors d’un mariage qu’elle célébrait à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), lorsqu’elle en était maire, en lien avec une filière d’Elbeuf. « Ce n’est pas nouveau tout ça. Cette histoire par exemple, remonte à 2002. »

Maxime Hauchard, bourreau de Daesh

Parmi les « stars » de ces djihadistes normands, Maxime Hauchard fait office de modèle. Ce jeune de 24 ans originaire d’une famille catholique de Bosc-Roger-en-Roumois (Eure), tout près de Rouen, s’est fait connaître sur Internet par des vidéos dans lesquelles on le voit exécuter des otages de Daesh, en Syrie où il est parti en 2013.

Dans une interview accordée à BFM TV via Skype en 2014, Maxime Hauchard indiquait s’être converti tout seul. : « C’est marrant parce qu’en général les gens pensent tous qu’il y a une sorte de gourou derrière, qui nous met des choses dans la tête. En fait non. J’aurais aimé rencontrer un frère comme moi mais je n’ai rencontré personne. » Il a récemment fait parler de lui en menaçant le Brésil d’attentats pendant les Jeux olympiques à venir.

« En Normandie, le vivier djihadiste se situe à Hérouville Saint-Clair », indique David Thomson, journaliste à RFI et auteur des Français jihadistes (Ed. Les Arènes). Dans cette petite commune du Calvados, près de Caen, plusieurs cas de départs vers la Syrie ont été enregistrés. Fin 2015, deux frères âgés de 19 et 22 ans soupçonnés d’être de retour de Syrie et en lien avec l’organisation de l’Etat islamique (EI) ont été arrêtés et mis en examen. La sénatrice LR de l’Orne Nathalie Goulet risque même la comparaison avec la ville de Lunel (Hérault), connue pour ses nombreux départs en Syrie.

>> A lire aussi : Qui est Fabien Clain ?

Deux autres figures du djihadisme français sont également passées par le sud de la Normandie. Les tristement célèbres frères Clain, originaires de la Réunion, ont vécu à Alençon, dans l’Orne. De l’affaire Merah à Sid Ahmed Ghlam en passant par Magnanville et les attentats du 13 novembre, on ne présente plus Fabien et Jean-Michel Clain, sortes de vétérans djihadistes.

Actuellement en Syrie, les deux frères ont séjourné en Normandie avec leur famille de 1986 à 1991 puis de 1995 à 1997 alors qu’ils étaient encore adolescents. Ce n’est qu’au début des années 2000, à Toulouse (Haute-Garonne), qu’ils se radicalisent. Les frères Clain sont activement recherchés par les polices française et européennes, tout comme Maxime Hauchard.