Attentat dans une église près de Rouen: «L'Eglise est touchée dans son cœur»

PRISE D'OTAGES Les responsables catholiques français condamnent un acte « barbare » et font part de leur immense tristesse… 

Elisa Frisullo

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Le pape François accueilli au parlement européen. Illustration.
Le pape François accueilli au parlement européen. Illustration. — POL EMILE/SIPA

Ce mardi devait être marqué par la joie, la paix et la fraternité à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse qui débutent ce 26 juillet à Cracovie en Pologne. Mais c’est une journée de deuil que vit l’Eglise catholique de France suite à la prise d’otage de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime), dans laquelle un prêtre de 84 ans a été tué. Sitôt la nouvelle de l’attaque tombée, les responsables catholiques français, présents en nombre en Pologne pour assister aux JMJ, ont réagi.

Le pape François s’est ainsi associé « à la douleur et à l’horreur » et a condamné « de la manière la plus radicale » l’attaque dans une église en France, selon un communiqué du Vatican qui évoque « un meurtre barbare ».

« Une vague de terreur et de violences »

« C’est une vague de terreur et de violences qui choque et nous préoccupe énormément. Le Pape partage la douleur des victimes et celle des populations touchées. Nous sommes très proches de l’Eglise française, du diocèse de Rouen et du peuple français. Que ce crime se soit déroulé dans une église et qu’il ait visé un prêtre, ministre de l’amour du seigneur, entouré des fidèles, cela nous blesse profondément », a indiqué le porte-parole du Vatican Frederico Lombardi.

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« Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri ! », a pour sa part indiqué Mgr Dominique Lebrun, l’archevêque de Rouen, depuis Cracovie où il assistait aux JMJ. « Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l’avenir de l’humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir des apôtres de la civilisation de l’amour », a ajouté dans un communiqué l’archevêque, qui a prévu de rejoindre son diocèse dès ce mardi pour être « auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée ».

« Il faut vraiment que notre société soit malade »

Venu ce mardi matin à l’Eglise de Saint-Etienne-du-Rouvray pour rencontrer et soutenir les fidèles, le vicaire général de l’archidiocèse de Rouen, interrogé par BFMTV, a fait part de l’immense tristesse et du désarroi de la communauté catholique.

« On se sent blessés, meurtris. C’est l’un des nôtres qui a été frappé. Pour nous, c’est une victime innocente, un prêtre en train de dire la messe. On se sent touchés profondément. On se demande comment on peut en arriver là. Il faut être vraiment très malade soi-même, que notre société soit aussi très malade, qu’elle produise tellement d’exclusion pour que des gens puissent en arriver à s’en prendre comme à celui qui est là, au nom du Christ, et dont le seul message est un message d’amour », a réagi Philippe Maheu.

« Ce n’est pas la haine qui l’emportera »

« Aujourd’hui, l’ensemble des catholiques et l’ensemble des Français sont sidérés devant un acte aussi barbare et atroce. La sidération est immense, la tristesse infinie car l’Eglise est touchée. Elle est touchée dans son cœur même », a ajouté Vincent Neymon, porte-parole adjoint de la conférence des Evêques de France.

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Suite à cette attaque, la plupart des responsables catholiques qui ont réagi ce mardi ont tenu à rappeler la nécessité d’union du peuple français et à délivrer un message d’espoir. « La question est celle de savoir comment est ce que, chacun d’entre nous, allons essayer de vivre au quotidien pour être artisans de paix là où nous sommes. Je comprends qu’il puisse y avoir des cris de colère, des désirs de vengeance, mais ce n’est pas à cela que, nous chrétiens, sommes appelés. Ce n’est pas cela qui sera vainqueur, ce n’est pas la haine qui l’emportera. C’est la paix et l’amour des uns des autres », a déclaré Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de la Conférence des Evêques de France.

« L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes », a ajouté l’archevêque de Rouen Dominique Lebrun.

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