Attentat de Nice: Bouhlel aurait envisagé son passage à l'acte «plusieurs mois avant»

ATTENTAT DE NICE Plusieurs articles de presse et photographies de la Promenade ont été retrouvés chez le tueur, a expliqué le procureur François Molins...

20 Minutes avec AFP

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François Molins, procureur de la République, lors d'une conférence de presse sur l'attentat du 14-Juillet à Nice, le 18 juillet 2016 à Nice.
François Molins, procureur de la République, lors d'une conférence de presse sur l'attentat du 14-Juillet à Nice, le 18 juillet 2016 à Nice. — Claude Paris/AP/SIPA

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu une conférence de presse jeudi à 17h30 au palais de justice, une semaine après l’attentat qui a fait 84 morts le 14 juillet à Nice, au cours de laquelle il a expliqué que Mohamed Lahouaiej Bouhlel « semble avoir envisagé et mûri plusieurs mois avant son passage à l’acte ».

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« Les investigations menées depuis la nuit du 14 juillet dernier n’ont cessé d’avancer et ont permis non seulement de confirmer plus encore le caractère prémédité du passage à l’acte mortifère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, mais également d’établir que ce dernier avait pu bénéficier de soutiens et de complicités dans la préparation et la commission de son acte criminel », a souligné le procureur, en évoquant l’exploitation des données téléphoniques et informatiques. 20 Minutes fait le point sur ces indices.

Des photographies de repérage

Plusieurs images ont été retrouvés dans le téléphone et l’ordinateur de Mohamed Bouhlel, qui laissent penser que le tueur de Nice avait anticipé son acte depuis plusieurs mois. Un an auparavant, il s’était déjà rendu sur la Promenade pour la fête nationale : François Molins a parlé d’« une photographie, en date du 14 juillet 2015, du feu d’artifice de Nice, puis le 17 juillet 2015, d’un concert sur la promenade des Anglais avec divers zooms sur la foule ». Enfin, un mois après, Mohamed Bouhlel a pris « une photo, le 15 août 2015, du feu d’artifice, toujours avec un focus sur la foule ».

Des articles de presse évocateurs

D’autres photographies ont été trouvés dans les effets personnels de l’auteur de l’attentat. Les trois représentent des articles de presse : un article sur le « Captagon, la potion magique des combattants », une drogue répandue chez les djihadistes de Daesh ; un papier de Nice-Matin intitulé « Il fonce sur la terrasse d’un restaurant » ; et un article du 9 janvier 2016 sur un fait divers dans le commissariat du 18e arrondissement de Paris, titré « L’homme tué devant le commissariat de Barbès est un Tunisien ».

Cinq personnes liées à l’attentat

Quatre hommes et une femme, arrêtés car ils étaient en contact avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel avant la tuerie ou sont soupçonnés de lui avoir fourni un pistolet, ont été déférés jeudi matin et vont être présentés à des juges d’instruction antiterroristes. Parmi eux, un Tunisien, deux Franco-Tunisiens et un couple d’Albanais.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour les chefs d’accusation suivant : « Participation à une association de malfaiteurs terroristes, en vue de la préparation d’un ou plus crimes d’atteinte aux personnes », a indiqué le procureur. Il a précisé avoir requis le placement en détention provisoire de ces cinq personnes, qui ne sont « pas connues des services spécialisés de renseignement ».