Le Sénat vote l'état d'urgence qui devrait être définitivement adopté jeudi

SECURITE Comme le texte adopté était différent de celui voté par l’Assemblée, une commission mixte paritaire s'est réunie mercredi soir et a abouti à un compromis qui devra encore être adopté par les deux assemblées jeudi…

20 Minutes avec AFP
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Le Sénat a durci le texte voté par l'Assemblée.
Le Sénat a durci le texte voté par l'Assemblée. — LIONEL URMAN/SIPA

Le Sénat a adopté mercredi à une très large majorité le projet de loi prolongeant de six mois l’état d’urgence. Il avait été voté la veille à l’Assemblée mais le Sénat a validé une version différente du projet, plus musclée. Une commission mixte paritaire (CMP) s’est donc réunie dans la foulée pour aboutir une version commune aux deux chambres. Le compromis ainsi trouvé doit maintenant être entériné en séance par l’Assemblée jeudi midi, puis par le Sénat dans l’après-midi.

Trois cents-neuf sénateurs ont voté en faveur du texte modifié par la Haute Assemblée, dont le groupe socialiste, et 26 contre, essentiellement le groupe communiste, républicain et citoyen (CRC). « Notre groupe est favorable à la prolongation de l’état d’urgence car nous souhaitons que la CMP se traduire par un accord, mais cela ne signifie pas que nous acceptons certaines mesures extérieures au texte », a souligné Jean-Pierre Sueur (PS).

« Pas à la hauteur de la situation »

« Nous ne souhaitons pas un état d’urgence chargé de rassurer les Français, mais un état d’urgence qui protège les Français », a lancé Bruno Retailleau (LR) pour expliquer les mesures ajoutées par la Haute Assemblée. « Ces mesures sont à prendre, mais elles ne me paraissent pas à la hauteur de la situation », a déploré pour sa part Louis Nègre, sénateur LR des Alpes-Maritimes. Comme sa collègue niçoise Dominique Estrosi-Sassone, il a appelé « à un réarmement moral ». « Nous avons des valeurs, nous en sommes fiers, encore faut-il pouvoir les défendre », a-t-il dit.

En revanche, pour Eliane Assassi (CRC), « l’état d’urgence sécuritaire, cette surenchère souvent indécente et irresponsable, ne répond en rien » à l’attente des Français « à vivre en paix ». « Nous donnons à Daech l’image d’un État démuni, affaibli, paniqué, qui, après chaque attentat, utilise les mêmes recettes qui produiront la même absence d’effet », a estimé Esther Benbassa (écologiste) qui a voté contre, ajoutant que « le spectacle que nous offrons ces derniers jours ne rendra pas confiance aux Français ».