Etat d’urgence: Après l’attentat à Nice, qui ira le plus loin dans la surenchère?

ATTENTATS Les politiques de l'opposition n’ont pas fait dans la finesse, le dernier en date étant le député Georges Fenech qui réclame un « Guantanamo à la française »…

T.D.
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La Promenade des Anglais, à Nice, le 20 juillet 2016.
La Promenade des Anglais, à Nice, le 20 juillet 2016. — Claude Paris / AP / SIPA

Les accusations sont nombreuses, les critiques parfois outrancières et les propositions pas forcément constructives. Depuis l’attentat à Nice, le gouvernement voit son action de lutte contre le terrorisme remise en cause de toutes parts. La surenchère politique faisant plus que frôler l’indécence.

Le député LR Georges Fenech est le dernier en date à s’être illustré dans un entretien à Valeurs Actuelles. Pour gérer le « raz-de-marée de retours de djihadistes » du théâtre irako-syrien, le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 ne plaide pas moins pour la création d’un « Guantanamo à la française », qui « serait la solution la plus simple ».

Pas de centres de rétention

Pour rappel, la prison de Guantanamo est devenue le symbole des violations des droits humains telle que la torture. Elle a été créée par les Etats-Unis sur leur base navale située à Cuba dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 pour détenir, sans procès et souvent même sans mise en examen, des « combattants ennemis ». Barack Obama a promis de la fermer depuis son élection à la présidence américaine fin 2008, mais se heurte au refus du parti républicain.

Lors du débat sur la prorogation de l’état d’urgence, mardi soir à l’Assemblée,le gouvernement et l’opposition se sont opposés sur la question des centres de rétention, une mesure qualifiée d’« inconstitutionnelle » par Manuel Valls.

Après l’attentat du 14 juillet, le député LR Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, avait aussi trouvé sa solution, cette fois sur RTL : « On doit pouvoir stopper un camion qui ne répond pas aux sommations. […] Il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion ».

Dans le même temps, un autre député LR, et ancien secrétaire d’Etat, Frédéric Lefebvre, poussait de son côté au recours à l’état de siège. C’est-à-dire le transfert des pouvoirs civils à l’armée. La dernière fois qu’il a été déclenché en France, c’était en 1939.

Chez Les Républicains toujours, les idées fusent et se recyclent. Le député Jacques Myard a lui prôné, parmi huit propositions, « d’expulser tous les binationaux en voie de radicalisation » et « d’appliquer partout sur le territoire nationall’interdiction du voile ».

Quant à l’expulsion systématique des étrangers condamnés au terme de leur peine, cette proposition émane du député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France).

Et du côté du FN, l’eurodéputée et conseillère municipale de Nice, Marie-Christine Arnautu, a évoqué dans un communiqué des « indispensables mesures à prendre au niveau national ». Parmi lesquelles figurent la « peine de mort » et la « fin de l’immigration ». Rien que ça…