Attentat de Nice: «Aucun gouvernement n'a fait autant» contre le terrorisme, répondent Valls et Cazeneuve à Sarkozy

POLITIQUE Accusés par l’ancien président de ne pas avoir fait « tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois », le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont insisté sur l'« action déterminée pour la prévention de la radicalisation »…

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls et Bernard Cazeneuve sur le perron de l'Elysée, le 22 avril 2015.
Manuel Valls et Bernard Cazeneuve sur le perron de l'Elysée, le 22 avril 2015. — Jacques Brinon/AP/SIPA

L’exécutif fait front face aux critiques. Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont assuré qu'« aucun gouvernement n’a fait autant jusqu’à présent pour lutter contre le terrorisme », dans un communiqué commun publié dimanche soir.

Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur répondaient au président du parti Les Républicains Nicolas Sarkozy, qui a affirmé dimanche sur TF1, trois jours après l’attentat de Nice (84 morts), que « tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois » et l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015 « ne l’a pas été ».

« Mobilisation totale de nos forces »

« @NicolasSarkozy en général loin du front fait du bruit pour couvrir ses concurrents, passant l’action de la France par pertes et profits », a également réagi sur Twitter le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

« Nous répondons d’abord par une mobilisation totale de nos forces, dont nous rehaussons les effectifs - 9 000 emplois de policiers et de gendarmes recréés sur l’ensemble du quinquennat, dont 1 900 pour renforcer le renseignement intérieur, quand 12 500 avaient été supprimés entre 2007 et 2012 », soulignent Valls et Cazeneuve dans leur communiqué.

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Ils mettent aussi en avant « l’augmentation de 17 % des crédits de fonctionnement des forces de sécurité intérieure » depuis 2012, « là où ils avaient diminué d’autant lors du précédent quinquennat » de Nicolas Sarkozy.

Ferme face au discours radical islamiste

Les deux hommes rappellent les « trois lois antiterroristes » et la « loi renseignement » adoptées ces dernières années et insistent sur leur « action déterminée pour la prévention de la radicalisation », avec notamment « la création d’un centre de réinsertion et de citoyenneté par région d’ici fin 2017 ».

« Contre le discours radical islamiste, le gouvernement est extrêmement ferme : depuis 2012, 80 mesures d’expulsion ont été prononcées à l’encontre de prêcheurs de haine ou de pseudo-imams autoproclamés. Dix mosquées ou salles de prières radicalisées ont été fermées. Aucune ne l’avait été au cours du précédent quinquennat », ajoutent Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

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S’agissant de la rétention administrative, ils rappellent que « notre Constitution garantit les libertés publiques : l’arbitraire n’est pas constitutionnel. Surtout, il n’est ni acceptable, ni efficace ».

Une « action » qui « donne des résultats »

Selon eux, l’action « résolue » de l’exécutif « donne des résultats ». « Seize attentats ont été déjoués sur notre sol depuis 2013. Cent soixante individus en lien avec des activités terroristes ont été arrêtés depuis le début de l’année en France, grâce à l’action de nos services. Depuis le rétablissement des contrôles aux frontières au soir du 13 novembre, 48 millions de personnes ont été contrôlées à l’ensemble de nos frontières terrestres, aériennes et maritimes, et 28 000 individus ont été empêchés d’entrer sur notre territoire », notent-ils.

« Le gouvernement est totalement déterminé à poursuivre et à amplifier cette action, dans le respect de nos règles démocratiques, de la cohésion nationale, au seul service de la sécurité des Français et de la défense de la France », assurent-ils encore.