Attentat de Nice: Le motif terroriste de l’attaque ne fait guère de doutes pour François Molins

JUSTICE Le procureur de la République de Paris a évoqué les premiers résultats de l’enquête judiciaire après l’attaque qui a conduit à la mort d’au moins 84 personnes jeudi soir à Nice (Alpes-Maritimes)…

Vincent Vantighem

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Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016. François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur «l'attentat» qui a frappé Nice le 14 juillet 2016
Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016. François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur «l'attentat» qui a frappé Nice le 14 juillet 2016 — GIUSEPPE CACACE / AFP

« Nous n’en sommes qu’au tout début », a attaqué François Molins. Il faudra donc encore patienter et laisser les enquêteurs travailler pour que le procureur chargé de la lutte antiterroriste en dise plus sur l’attaque au camion qui a coûté la vie à au moins 84 personnes, jeudi soir, à Nice. En attendant, 20 Minutes fait le point sur les informations à retenir au lendemain de ce que les autorités considèrent comme un attentat…

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  • Mohamed Lahouaiej Bouhlel était-il bien seul dans le camion ?
Le camion qui a servi à l'attentat de Nice est examiné par les enquêteurs, le 15 juillet 2016.
Le camion qui a servi à l'attentat de Nice est examiné par les enquêteurs, le 15 juillet 2016. - AFP


Il aurait dû rendre le camion à l’agence de location mercredi 13 juillet. Les enquêteurs ont découvert que le véhicule était, en fait, resté stationné dans le quartier Auriol de Nice jusqu’au jeudi soir. C’est vers 21h34 que Mohamed Lahouaiej Bouhlel a récupéré cet engin de mort. « Il est arrivé à vélo et a pris le camion », a annoncé François Molins, ce qui recoupe à un témoignage obtenu par 20 Minutes, ce vendredi.

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Le véhicule réapparaît ensuite vers 22h30 dans le quartier Magnan. C’est à partir de là, vers 22h45, que Mohamed Lahouaiej Bouhlel va entamer sa chevauchée macabre entre les numéros 11 et 147 de la Promenade des Anglais. Stoppé par les policiers qui ont ouvert le feu à de multiples reprises et ont ensuite découvert son cadavre sur le siège passager. Le vélo qui lui a permis de récupérer le camion était, quant à lui, dans la remorque. Pour le procureur, « le terroriste » était bien seul dans le véhicule.

  • De quelles armes disposait-il ?

Le procureur a expliqué que Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait « tiré à plusieurs reprises sur trois policiers au niveau de l’hôtel Négresco ». Il disposait pour cela d’un pistolet de calibre 7.65. A l’intérieur du véhicule, les enquêteurs ont découvert un chargeur, des cartouches percutées et non percutées. Ainsi qu’un autre pistolet factice, deux répliques en plastique de kalachnikov et de M16 et une grenade percée.

  • En sait-on davantage sur le profil de Mohamed Lahouaiej Bouhlel ?

François Molins a confirmé les informations qui avaient déjà filtré depuis ce vendredi matin. Inconnu des services de renseignement au niveau local et national, Mohamed Lahouaiej Bouhlel ne faisait l’objet d’aucune fiche S pour des soupçons de radicalisation.

Il avait été condamné le 24 mars 2016 à six mois de prison avec sursis pour des faits de « violences » commis à l’aide d’une palette à la suite d’une altercation routière, comme l’avait déjà précisé le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas. Les enquêteurs analysent désormais le téléphone portable qu’ils ont retrouvé dans le camion ainsi que l’ordinateur sur lequel ils ont mis la main lors de la perquisition de l’appartement de ce chauffeur.

  • Quel est le bilan provisoire ?

François Molins a dressé un nouveau bilan qui fait état de 84 morts dont 10 enfants et adolescents. Et de 202 blessés dont 52 en « urgence absolue » dont 25 sont toujours dans les services de réanimation. « Ce bilan est bien sûr provisoire », a assuré le procureur.

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  • Le motif terroriste de cette attaque est-il établi ?

Non mais il ne fait guère de doute aux yeux du magistrat qui a parlé de « barbarie terroriste » et « d’attentat ». Expliquant que l’enquête n’en est encore qu’à ses « balbutiements », François Molins a toutefois précisé que « l’attentat de jeudi soir » correspondait « aux appels permanents aux meurtres de ces organisations terroristes, tels qu’elles le prescrivent notamment dans leurs revues ou vidéos ».