Joann Sfar, ici en juillet 2015 à Paris.
Joann Sfar, ici en juillet 2015 à Paris. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

REACTION

Attentat de Nice: Joann Sfar pousse un coup de gueule contre les médias

Le dessinateur et réalisateur, natif de Nice, déplore entre autre le manque de réactivité des journalistes...

Coup de colère après le drame. Ce vendredi, Joann Sfar a vivement déploré le traitement médiatique de l’attentat de Nice. « Je ne peux m’empêcher de penser que le traitement de cette tragédie aurait été différent si le massacre avait eu lieu à Paris et pas à Nice. Jamais je n’ai eu autant honte de nos médias », écrit le dessinateur et réalisateur.

Il estime que les journalistes n’ont pas été suffisamment réactifs pour traiter les événements tragiques survenus dans sa ville natale. « Hier soir [jeudi soir] il fallait prendre ses infos sur le compte Twitter du New York Times ! », écrit-il. Joann Sfar ne prend visiblement pas en compte le fait qu’un 14 juillet au soir, les effectifs présents dans les rédactions françaises sont limités et qu’il faut donc un certain temps pour mobiliser des équipes et vérifier des informations pouvant être contradictoires avant de les relayer.

« Hier soir, les internautes valaient mieux que certains reporters »

Au diapason avec de nombreux autres téléspectateurs, il pointe aussi du doigt un « enchaînement ahurissant d’attitudes non-déontologiques de la part des reporters ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a par ailleurs fait savoir qu’il s’était « saisi des images et des comptes rendus diffusés toute la nuit ».

« Hier soir les internautes valaient mieux que certains reporters », insiste Joann Sfar en conclusion, oubliant que certains internautes ont aussi contribué à propager des images choquantes et des informations erronées.

Un peu plus tôt, toujours sur Facebook, l’artiste, qui se trouve actuellement à Nice avait prévenu : « J’ai refusé toutes les interviews depuis hier soir car je n’aurais rien dit d’apaisé, de mesuré, ou d’utile ». « Voyant un peu trop de colombes de la paix ce matin [vendredi matin] j’ai eu la gerbe et ne me demandez pas de dessiner quoi que ce soit », a-t-il écrit, visiblement sous le choc. Il explique qu’il avait envisagé de sortir avec son fils pour assister aux feux d’artifice. « Et j’ai été paresseux on est restés à la maison, précise-t-il. Je ne peux pas prendre la parole en ce moment car j’ai épuisé ce que je possédais comme mots d’apaisement. »