Attentat de Nice: L'application «alerte attentat» a lancé ses notifications 3 heures après l’attaque

TERRORISME L'application «alerte attentat» du gouvernement est critiquée pour sa lenteur car elle a informé les utilisateurs trois heures après le début de l’attaque à Nice…

Anne-Laëtitia Béraud

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Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur
Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur — ministère de l'Intérieur

Au lendemain de l’attentat à Nice, l’application gratuite « alerte attentat » du gouvernement est critiquée pour sa lenteur. Alors que l’attaque a débuté peu après 22h30, cette application a envoyé une notification à 1h34, selon un journaliste de 20 Minutes et plusieurs captures d’écran sur Twitter. Soit environ trois heures après le départ de la virée infernale du camion à Nice, tuant au moins 84 personnes.

>> A lire en direct. Le live de 20 Minutes au lendemain de l'attentat à Nice

Lancée à l’occasion de l’Euro 2016 de football, cette application, qui fait partie du « système d’alerte des d’information des populations » (SAIP) vise à prévenir dans les 15 minutes les populations d’une « crise majeure » de terrorisme.

 

Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur
Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur - ministère de l'Intérieur

Cette application à télécharger, qui fonctionne grâce à la géolocalisation, vise à « compléter le dispositif d’alerte et d’information des populations déjà existant (sirènes, messages radio….)» selon la présentation du ministère de l’Intérieur.

>> Comment fonctionne le SAIP, selon l’infographie ci-dessous du ministère de l’Intérieur

Capture écran slide
Capture écran slide - http://www.charente-maritime.gouv.fr/

Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur a indiqué ce vendredi matin « être en train d’expertiser les conditions dans lesquelles l’application a été utilisée », ajoutant apporter bientôt des informations plus précises.

>> Le dossier de presse du ministère de l’Intérieur concernant le SAIP

Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur
Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur - ministère de l'Intérieur

La faille résiderait peut-être du côté de la société ayant développé l'application. Une source gouvernementale a expliqué à Libération que si les ordres des autorités ont été transmis aux développeurs de la société parisienne Deveryware, qui a créé cette application, ils n'ont pas eu d'effet. Un journaliste de Télérama indique par ailleurs ce vendredi que la société Deveryware est convoquée cet après-midi au ministère de l’Intérieur... 

Plusieurs questions restent en suspens: Pourquoi les alertes doivent-elles passer par la société extérieure avant d'apparaître sur l'application? Les autorités ne pourraient-elles pas avoir la main sur le lancement des alertes? 

Si le message du gouvernement a été lancé tardivement, un autre outil gratuit en ligne a été plus rapide dans la nuit de jeudi à vendredi : il s’agit du bouton « Safety Check » de Facebook, qui permet aux utilisateurs du réseau social d’indiquer à leurs connaissances qu’ils sont en sécurité. Le directeur général de Facebook, a posté un message annonçant ce service à 00h33.

Axelle Lemaire, la ministre chargée du numérique, a fait jeudi soir la promotion de ce bouton « Safety Check » sur Twitter…