Attentat à Nice: Pas encore de revendication mais Daesh avait décrit le mode opératoire en 2014

TERRORISME Au moins 80 personnes ont été tuées lors d'une attaque au camion, jeudi sur, lors des festivités du 14 juillet...

P.B. avec AFP

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Photo du camion criblé de balles qui a foncé sur la foule à Nice le 14 juillet 2016, sur plus de 2 km.
Photo du camion criblé de balles qui a foncé sur la foule à Nice le 14 juillet 2016, sur plus de 2 km. — VALERY HACHE / AFP

François Hollande a évoqué un acte « dont le caractère terroriste ne peut être nié ». Vendredi matin, personne n’avait revendiqué l’attaque meurtrière au camion, qui a fait au moins 80 morts sur la Promenade des Anglais, à Nice, jeudi soir après les festivités du 14 juillet. Alors que le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête, le conducteur serait un Niçois franco-tunisien de 31 ans, selon une source « proche de l’enquête », indique l’AFP. Et fatalement, l’ombre de Daesh plane sur la tragédie.

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Très rapidement, la nébuleuse djihadiste a célébré l’attaque sur Internet avec le même niveau d’activité que lors des attentats de Paris et de Bruxelles, indique le groupe de surveillance SITE. Selon sa directrice Rita Katz, Daesh « revendiquera probablement » l’action. Et si le mode opératoire semble nouveau, l’organisation djihadiste appelait à utiliser un camion dès 2014.

Un mode opératoire décrit précisément

Dès 2014, Daesh appelait à mener des attaques en utilisant un camion. Dans son magazine de propagande Inspire, l’organisation terroriste recommandait « d’utiliser un camion comme une tondeuse à gazon. Allez dans les endroits les plus densément peuplés et prenez le maximum de vitesse pour faire le plus de dégâts. Si vous avez accès à une arme à feu, utilisez-la pour finir le travail. » La source de l’AFP précise justement que le chauffeur du camion a tiré avec un pistolet avant d’être abattu par les forces de l’ordre.

Une telle utilisation de véhicules n'est pas une première en Occident: deux attaques au nom du jihad prenant pour cibles des militaires ont récemment marqué les esprits.

En mai 2013, deux Londoniens d'origine nigériane avaient renversé en voiture le jeune soldat Lee Rigby à Londres avant de le larder de coups de couteau. Sur une vidéo filmée juste après l'agression, l'un des meurtriers déclarait avoir voulu venger les «musulmans tués par des soldats britanniques». Lors de son procès, ce père de six enfants a déclaré qu'il était en «mission» en tant que «soldat d'Allah» et «en guerre contre la Grande-Bretagne», en invoquant la loi du talion.

Des précédents en France et à l’étranger

Quelques mois plus tard, en octobre 2014, un Canadien de 25 ans récemment converti aux thèses jihadistes avait foncé au volant de sa voiture sur trois militaires, en tuant un et en blessant un autre, au bord d'une route dans la banlieue de Montréal. Cerné par la police au terme d'une course-poursuite, l'assaillant s'était extirpé de son véhicule, couteau en main, avant d'être abattu. En rupture familiale, le jeune homme voulait rejoindre la Syrie.

Depuis plusieurs années, Al-Qaïda et le groupe Etat islamique exhortent, à longueur d'articles ou de vidéos sur internet, leurs recrues et leurs volontaires à passer à l'action sans attendre, sans ordres précis, sans organisation pour les entraîner ou les soutenir. Passer à l'action de manière isolée et avec n'importe quelle arme disponible, telle était la consigne donnée en septembre 2014 par Abou Mohammed Al-Adnani, porte-parole officiel de l'organisation jihadiste Etat islamique.

Dans un message audio diffusé par Al Furqan, le principal média de l'EI, le Syrien avait exhorté ceux qu'il nomme les «soldats du califat» à attaquer des cibles par tous les moyens: «Levez-vous, monothéistes, et défendez votre Etat à partir de votre lieu de résidence, où qu'il soit (...)».

«Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle», leur dit-il, «débrouillez vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture...»