Affaire de Montigny-lès-Metz: Henri Leclaire n'est pas renvoyé devant les assises

JUSTICE Francis Heaulme sera, en conséquence, le seul à être jugé pour le double-meutre des enfants Beckrich et Beining, commis en 1986...

Vincent Vantighem
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Henri Leclaire, à son arrivée au palais de justice de Metz, le 1er avril 2014.
Henri Leclaire, à son arrivée au palais de justice de Metz, le 1er avril 2014. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Deux ans de supplément d'enquête pour... revenir au point de départ. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz (Moselle) a décidé, ce jeudi, de ne pas renvoyer Henri Leclaire devant une cour d'assises dans l'affaire de Montigny-lès-Metz. En conséquence, Francis Heaulme sera le seul à devoir répondre du double-meutre des enfants Cyril Beining et Alexandre Beckrich, commis sur un talus SNCF le 28 septembre 1986.

>> Enquête : L'ombre d'Henri Leclaire dans l'affaire de Montigny-lès-Metz

En 2014, le procès de Francis Heaulme pour ces faits avait été interrompu en pleine audience après la révélation de nouveaux témoignages mettant en cause Henri Leclaire dans cette affaire. La cour d'assises avait décidé de stopper le procès pour rouvrir le dossier et déterminer si ce manutentionnaire de 67 ans, dont le nom planait depuis vingt ans dans le dossier, devait finalement être jugé avec le «Routard du crime». Au terme de deux années d'instruction et de procédures, la chambre de l'instruction vient donc de trancher. «C'est la fin d'un long calvaire», a commenté son avocat Thomas Hellenbrand.

Impossibilité physique de grimper sur le talus

Le nom d’Henri Leclaire figure à de multiples reprises dans le volumineux dossier de Montigny-lès-Metz. Employé d’une entreprise dont les locaux donnaient sur les lieux du crime, Henri Leclaire fut le premier à s’accuser du double meurtre en décembre 1986.Mais l’enquête avait permis de le mettre rapidement hors de cause. « La description faite par Henri Leclaire des vêtements portés par les enfants était inexacte sur bien des points», relève ainsi le dossier. D’autre part, les policiers ont relevé « des inexactitudes sur le nombre de pierres utilisées [pour tuer les deux enfants] et l’impossibilité physique pour cet homme de grimper sur le talus. »

Mais en 2014, à l'ouverture du procès de Francis Heaulme, un ancien conducteur de train, retraité de la SNCF, avait à nouveau instillé le doute au sujet d'Henri Leclaire, se souvenant avoir aperçu depuis sa locomotive, le jour des faits, un homme « costaud et petit », « trapu », portant un t-shirt blanc « taché de sang » courir le long des voies ferrées qui pourrait être Henri Leclaire. La chambre de l'instruction n'a donc pas validé ce témoignage.

Déjà condamné à la perpétuité pour plusieurs meutres, Francis Heaulme va donc devoir répondre seul de ce double-meurtre particulièrement sordide pour lequel Patrick Dils avait été condamné au début des années 1990. Le «Routard du Crime» a toujours nié les faits, assurant froidement : « Moi, mon style, c'est l'Opinel. Et j'étrangle à mains nus. Montigny, c'est pas moi ! » L'enquête a établi que les enfants avaient été tués à coups de pierre.