Une dizaine d'attentats ont été déjoués en France depuis un an

TERRORISME Pour la première fois, des détails sur ces attaques ont été dévoilés devant la commission d’enquête parlementaire...

Clémence Apetogbor
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Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015.
Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Plusieurs projets d’assassinats et d’attentats, qui visaient notamment un centre commercial, une salle de spectacle ou une centrale nucléaire, ont été déjoués en France depuis un an.

Pour la première fois, des détails sur ces attaques ont été dévoilés devant la commission d’enquête parlementaire, révèle ce mercredi Le Figaro.

Des projets d’attaques déjà connus

Le 18 mai, devant la commission d’enquête, le coordonnateur national du renseignement Didier Le Bret a résumé par une formule simple et peu rassurante il est vrai, les différentes attaques déjouées ou non sur le sol français. « Nous avons tout eu ». Le rapport de Sébastien Pietrasanta fournit pour la première fois des précisions sur ces attaques.

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En juillet 2015, quatre jeunes sont interpellés, soupçonnés d’avoir voulu attaquer le Fort Béar à Port-Vendres, un camp militaire des Pyrénées-Orientales où avait officié l’un d’eux en tant que marin.

A Toulon, en octobre 2015, Hakim Marnissi, 25 ans, est arrêté et reconnaît en garde à vue avoir été en contact avec un djihadiste français en Syrie. Il dit également avoir projeté d’attaquer des militaires de la base navale de sa ville. Surveillé depuis sa radicalisation, il avait reçu un couteau de combat et deux cagoules par colis postal.

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Mi-mars 2016, « quatre jeunes femmes, dont trois mineures (…) ont été interpellées à Roubaix, Lyon et Brie-Comte-Robert » alors qu'« elles avaient formé le projet d’attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris ».

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Huit jours plus tard, la DGSI interpelle Reda Kriket à Boulogne-Billancourt et découvre à Argenteuil une « cache » remplie d’armes de guerre et d’explosifs susceptible de perpétrer une attaque au nom de Daesh.

D’autres projets restés plus confidentiels

Les 15 et 16 décembre dernier, poursuit Le Figaro, la DGSI arrête Rodrigue D. et Karim K., qui « projetaient de s’attaquer à des militaires et des policiers orléanais ». « Tout en minimisant son implication dans ce projet », Karim K. a « reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s’attaquer à une centrale nucléaire ». De plus, « les deux mis en cause ont confirmé le rôle d’Anthony D., djihadiste français de l’EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier ».

Dans le même temps, du côté de Tours, Issa Khassiev, un Russe d’origine tchétchène « susceptible d’avoir rejoint la Syrie en 2013 » est interpellé. Il envisageait de « réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr ». Pendant une perquisition, il prête « allégeance à Daesh » et « profère des menaces à l’encontre des fonctionnaires de police présents ».

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La commission évoque également le cas d’un radicalisé en prison qui projetait d’assassiner une députée parisienne, interpellé en octobre « après s’être lui-même dénoncé (…)».

Salim et Ahmed M., deux frères « velléitaires pour le djihad syrien », sont arrêtés à Fontenay-sous-Bois alors qu’ils voulaient s’en prendre à des « militaires, des policiers et/ou des juifs ».

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Des réussites mais aussi des failles

Ces succès des services de renseignements ne minimisent en rien les failles révélées en janvier et novembre 2015.

Les enseignements de ces attaques meurtrières restent que « les terroristes ne relèvent plus d’aucune logique nationale ni dans leur profil ou leur recrutement, ni dans leur mode opératoire et la conception de leurs attaques », peut-on lire à la fin du rapport.

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