APB: A quels problèmes d'inscription dans l'enseignement supérieur faut-il s'attendre à la rentrée?

EDUCATION A la fin de l’été, il devrait y avoir moins de « sans inscription » que l’an dernier, mais de nombreux étudiants démarreront une filière qui ne correspond pas à leur projet d’avenir…

Delphine Bancaud

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Un cours en amphi bondé dans une université nantaise.
Un cours en amphi bondé dans une université nantaise. — Unef

Le capharnaüm de l’an dernier va-t-il se répéter cette année ? Au mois d’août 2015, 7.500 bacheliers étaient encore sans affectation pour la rentrée, notamment car ils s’étaient vus refuser tous leurs choix de formation via le portail APB ( admission post-bac). 20 minutes fait un premier bilan d’étape.

Pour l’heure, les lycéens sont-ils plus nombreux à avoir accepté le choix de formation qu’APB leur a fait ?

Oui. Sur les 762.000 jeunes (lycéens ou étudiants en réorientation) inscrits sur APB en 2016, 80 % ont reçu une proposition dès le premier tour. Et 538.000 d’entre eux l’ont déjà accepté. Le nombre de premiers vœux acceptés est en légère augmentation par rapport à l’an dernier (48 % contre 47 % en 2015). Et 20.000 autres jeunes ont accepté la proposition qui leur a été faite dans le cadre de la procédure complémentaire (qui permet d’accéder aux places restées vacantes dans certaines filières). « Au total, à la date du 4 juillet, 75 % des jeunes savent où ils seront inscrits à la rentrée », indique le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur. Du coup, 102.000 jeunes sont encore à l’heure actuelle sans affectation, mais de nouvelles propositions vont leur être faites d’ici le 14 juillet, dans le cadre de la troisième phase d’APB, et d’autres encore d’ici le 9 septembre dans le cadre de la procédure complémentaire » explique le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur.

Difficile donc de savoir combien seront au final sans inscription à la fin de l’été. « Une chose est sûre, on sera bien en dessous des 7.500 d’août 2015 », affirme-t-on au ministère. Un avis partagé par Lara Bakech, responsable des questions universitaires à l’Unef : « Il y aura, en effet, plus d’affectations que l’an dernier, notamment parce que cette année, les futurs bacheliers généraux ont eu l’obligation d’inscrire une filière non sélective et sans capacité limitée dans leurs vœux. Un moyen d’avoir tous au moins une proposition lors des phases d’admission », précise-t-elle.

Y aura-t-il des filières en tension ?

Chaque année, c’est la même rengaine : les licences de droit, STAPS, psychologie et de PACES (première année commune aux études de santé) sont plébiscitées par les étudiants. Et toutes les demandes ne peuvent pas être satisfaites. Afin d’améliorer la situation, une nouveauté a été instaurée dans la procédure APB cette année. Pour ces filières, les lycéens ont du faire une seule candidature (un “vœu groupé”) dans le secteur géographique dont il dépend​, afin de maximiser leurs chances d’accéder à la filière visée. « Et cela a porté ses fruits, car on compte 78 licences en tension en 2016 contre 189 l’an dernier », affirme à 20 minutes, le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur. « Mais le souci, c’est qu’un étudiant qui voulait faire STAPS à Cergy-Pontoise, pourra se retrouver finalement à Marne-la-Vallée. Soit très loin de son domicile », souligne Lara Bakech.

Le gros point noir reste la filière STAPS à laquelle 29.000 lycéens ont candidaté sur APB pour 20.000 places prévues à la rentrée. « On a augmenté les capacités de 4.000 places cette année, mais on ne peut pas pousser davantage les murs », explique le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur. Dans une moindre mesure, des soucis demeurent pour la psycho, qui est encore trop demandée dans certaines académies. En revanche, la situation devrait s’arranger cette année concernant le droit, le nombre de places dépassant celui des lycéens ayant inscrit ce choix en premier vœu sur APB. Idem pour la PACES, le nombre de candidats ayant diminué cette année.

Des tirages au sort ont-ils encore lieu dans certaines filières ?

Oui, notamment en filière STAPS. Une procédure qui permet de départager les candidats, mais qui fait bondir les étudiants. D’ailleurs, il y a quelques jours, la justice a annulé le refus d’inscription par tirage au sort d’un étudiant bordelais, qui souhaitait s’inscrire en STAPS. « On va d’ailleurs populariser cette affaire pour provoquer une réponse du ministère sur ce point », prévient Alexandre Leroy, président de la Fage. « Et cette année encore, certaines universités ont aussi sélectionné leurs étudiants sur dossier, ou en leur demandant des prérequis », affirme Lara Bakech.

Y aura-t-il moins d’étudiants inscrits par défaut dans une filière ?

Non, estiment l’Unef et la Fage. « Cette année encore, des étudiants qui voulaient faire psycho vont se retrouver en lettres modernes. Mais au ministèren on dira qu’on a fait une proposition à tout le monde », déclare Alexandre Leroy. « Ceux qui seront le plus nombreux dans ce cas seront les bacheliers professionnels et technologiques qui n’auront pas été admis en BTS ou en DUT », poursuit-il. Pourtant selon le secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur: «Cette année, 500 propositions de plus ont été faites pour les Bacheliers technologiques en IUT et 1.000 de plus pour les bacheliers professionnels en BTS». 

L’Unef a d’ailleurs mis en place en début de semaine son dispositif d’accompagnement des bacheliers pour leur inscription dans l’enseignement supérieur, SOSinscription. Ces derniers peuvent contacter le 0806 079 069 (numéro non surtaxé) ou envoyer un mail à SOSinscription@unef.fr. De son côté la Fage invite les étudiants dans la panade à contacter ses équipes afin de bénéficier d’un accompagnement dans les procédures de recours via l’adresse : apb@fage.org. « On rappellera notamment à ceux qui n’ont pas eu gain de cause avec la procédure complémentaire, qu’ils peuvent tenter une réorientation dans la filière qu’il convoitait, à la fin du premier semestre », explique Lara Bakech. « Mais dans les filières tendues, ce sera très difficile d’y obtenir une place », prévient Alexandre Leroy.