Tour de France sur la fin de vie: «La mort n'est pas drôle, vacances ou pas. Ce tour permet de briser le tabou»

INTERVIEW Membre de l’Association pour mourir dans la dignité (ADMD), Christophe Michel explique le concept de ce tour de France un peu particulier…

Vincent Vantighem

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Les jeunes de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité évoquent la fin de vie sur une place de Rouen.
Les jeunes de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité évoquent la fin de vie sur une place de Rouen. — ADMD

Entre une discussion sur le choix de la plage la plus belle et une autre sur le menu du barbecue du soir, pourquoi ne pas parler de la mort ? C’est le défi que se sont lancé les jeunes del’Association pour mourir dans la dignité (ADMD). Pour la deuxième année consécutive, cette structure qui milite pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté organise un tour de France visant à informer les vacanciers sur la fin de vie.

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Partis de Paris dimanche, ils arriveront à Strasbourg le 30 juillet après avoir visité 23 villes et autant de départements différents. Juste après avoir garé la caravane sur la place de la République du Mans (Sarthe), ce mardi matin, Christophe Michel, organisateur de ce tour de France, a répondu aux questions de 20 Minutes.

Les vacances sont-elles vraiment le moment idéal pour parler de la mort aux gens ?

La mort est un sujet qui n’est pas très drôle, vacances ou pas. Pour nous, ce tour est aussi un moyen de briser le tabou. Les gens ne s’attendent pas à avoir ce genre de débat en plein mois de juillet. Mais ils se montrent intéressés.

Quel est le profil des visiteurs qui viennent jusqu’à votre caravane ?

Nous avons trois types de visiteurs. D’abord, les adhérents de notre association qui viennent nous saluer. Ensuite, ceux qui ont été informés par la presse et veulent en savoir plus sur notre démarche. Et enfin ceux qui passent par hasard.

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Comment cela se passe-t-il avec ce dernier type de visiteurs ?

Ils sont surpris. Certains, nous ayant aperçus au loin, s’attendent à avoir une dégustation gratuite ou une boisson gazeuse. Quand ils approchent, ils sont forcément surpris. Mais rapidement, ils s’intéressent à notre discours. Ils ont tous entendu parler de l’affaire Vincent Lambert. C’est assez facile d’aller plus loin dans l’explication des choses.

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De quoi leur parlez-vous ?

Des directives anticipées. C’est notre sujet cet été. Nous invitons les gens à rédiger leurs directives anticipées sur leur fin de vie. L’affaire Vincent Lambert est très parlante pour cela. Ensuite, ils ont l’opportunité d’envoyer une carte postale à leurs proches pour leur expliquer qu’ils ont pris position sur leur fin de vie et les inviter à en faire de même. Nous avons aussi toute une série de goodies sur le sujet : des lunettes de soleil, des ballons, des casquettes…

Exemplaire de directives anticipées sur la fin de vie
Exemplaire de directives anticipées sur la fin de vie - http://vosdroits.service-public.fr/

Cela fonctionne ?

Le retour des visiteurs est très positif. On les informe et on les aide. A Rouen, nous avons eu un jeune homme qui est venu nous parler de la mort douloureuse d’un de ses parents. Il n’avait besoin de rien sinon de parler. Personne n’avait pu lui rendre ce service.