Djamel, amputé après les attentats du 13 novembre, va finalement obtenir sa carte d'invalidité

TERRORISME La secrétaire d’Etat d’aide aux victimes, Juliette Meadel, a plaidé pour plus de « souplesse » dans les barèmes d’invalidité...

Helene Sergent

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Arrivée des victimes blessées à la  cérémonie d'hommage national aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis, le 27 novembre 2015 aux Invalides à Paris
Arrivée des victimes blessées à la cérémonie d'hommage national aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis, le 27 novembre 2015 aux Invalides à Paris — MIGUEL MEDINA AFP

Il y a presque huit mois, Paris et Saint-Denis étaient frappés par une série d’attaques terroristes. Ce 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes et 490 personnes ont été hospitalisées des suites de leurs blessures. Parmi elles, Djamel. C, entrepreneur trentenaire, attablé au restaurant La Belle Equipe, a été touché par quatre balles de kalachnikov. En mars, il a finalement subi une amputation du pied et d’une partie du tibia. Heurté par des démarches administratives interminables et par deux refus consécutifs d’attribution de sa carte d’invalidité, le jeune homme a témoigné dimanche dernier dans les colonnes du Parisien, annonçant dans le même temps le début d’une grève de la faim.

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« C’est insupportable, on nous balade, s’insurge-t-il. Si l’Etat n’est pas capable de régler nos problèmes, ce n’est pas la peine de nommer quelqu’un qui fait semblant de s’intéresser à nous »,s’insurgeait Djamel auprès du quotidien. Que s’est-il passé exactement et ce cas est-il isolé ? 20 Minutes fait le point.

Un manque de « souplesse »

Suite à son amputation et à la paralysie de son bras touché lors de l’attaque, Djamel a entamé des démarches pour obtenir à la fois le statut de travailleur handicapé (qui donne droit à diverses mesures d’aides à l’emploi et à la formation) et la délivrance d' une carte d’invalidité. « Dès vendredi soir, M.C a bien reçu une lettre de la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) de Seine-Saint-Denis, qui dépend du conseil général, et dans cette lettre, il était indiqué comme je m’y étais engagée, qu’il aurait la reconnaissance de travailleur handicapé », a tenu à préciser la secrétaire d’Etat d’aide aux victimes, Juliette Meadel, lors d’un point presse.

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Dans son interview au Parisien, le jeune homme indiquait avoir reçu un courrier indiquant que sa carte d’invalidité lui avait été refusée, pour la seconde fois. En cause, son taux d’invalidité inférieur à 80 %, calculé par la MDPH, et qui ne donne pas droit à cette carte. « Nous sommes intervenus extrêmement rapidement puisque dès samedi après midi nous étions en mesure de lui dire qu’il aurait bien sa carte d’invalidité. Il a reçu la lettre aujourd’hui, et sa situation est réglée », a annoncé la secrétaire d’Etat, déjà interpellée en mai dernier par les associations de victimes sur l’exonération d’impôts sur les revenus des proches décédés.

Interrogée sur l’application de ces barèmes, Juliette Meadel a ajouté : « Ils doivent être appliqués avec souplesse, c’est le sens de mon intervention […] Nous estimons que quand une personne a perdu une jambe et un bras, quel que soit le barème d’invalidité, il faut les considérer avec souplesse. »

Une vingtaine de personnes hospitalisées

Si Djamel et « trois autres personnes blessées » ont pu bénéficier d’un logement adapté, via l’intervention du secrétariat d’Etat, une vingtaine d’autres victimes seraient encore hospitalisées. « Nous avons remarqué des difficultés dans l’attribution de logements adaptés pour cause d’insuffisances de ressources, ce qui est étrange. Il y a peut-être 5,6 ou 7 cas. Ce sont des victimes qui sont coincées aux Invalides faute de logements adaptés à leur handicap. Nous avons saisi Mme Méadel de ce problème », a précisé auprès de 20 Minutes, Georges Salines, président de l’association « 13 novembre : Fraternité et Vérité ».

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Une situation qui s’explique, selon la secrétaire d’Etat par les « délais incompressibles » liés à la situation médicale des victimes : « Avant d’octroyer un logement à quelqu’un, il faut être certain que le logement correspondra bien à son état et pour que son état soit stabilisé médicalement, pour savoir s’il sera invalide à 20 ou 75 % il faut du temps. »