Loi Travail: La manifestation prévue mardi à Paris sera «la dernière de l'été» affirme, Jean-Claude Mailly

SOCIAL « Si cette loi est votée, elle sera comme du chewing-gum qui colle aux chaussures du gouvernement », a prévenu le leader FO…

Clémence Apetogbor
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Jean-Claude Mailly, numéro 1 de Force Ouvrière, n'entend pas lâcher l'affaire.
Jean-Claude Mailly, numéro 1 de Force Ouvrière, n'entend pas lâcher l'affaire. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La manifestation prévue mardi à Paris par les opposants à la Loi Travail sera la dernière de l’été, a annoncé ce lundi Jean-Claude Mailly, leader de FO.

Au lendemain de ce rassemblement, les syndicats opposés organiseront un meeting à Paris, a précisé Jean-Claude Mailly, qui promet de ne « pas laisser tomber » la mobilisation.

Un défilé sans Jean-Claude Mailly

Les sept leaders des organisations syndicales de salariés et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) qui combattent le projet de loi depuis mars prendront la parole mercredi après-midi lors d’un meeting au gymnase Japy (11e arrondissement), a précisé Mailly lors d’une conférence de presse.

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Ce meeting se tiendra au lendemain d’une nouvelle manifestation parisienne, prévue entre la place d’Italie et la Bastille mardi, jour où le texte revient devant l’Assemblée nationale, sous la menace de l’utilisation de l’article 49.3.

Le numéro un de FO ne défilera pas. « Je ne me désolidarise pas de la manifestation, j’avais un débat prévu à Strasbourg. FO appelle bien à manifester demain » mardi, a-t-il dit. Vendredi, dans un entretien à La Croix, Jean-Claude Mailly avait déclaré qu’il ne « souhaitait pas » une manifestation parisienne mardi car « ça devient compliqué » en raison des violences.

Des « choses surprises » prévues cet été

« Il n’y aura (plus) de manifestation cet été, les gens partent en vacances », a-t-il précisé. « Mais il y aura des choses cet été, des choses surprises, des péages gratuits, et autres », a-t-il prévenu.

Une intersyndicale est prévue cette semaine pour « préparer la rentrée ». « Même si cette loi est votée, elle sera comme du chewing-gum qui colle aux chaussures du gouvernement. Nous ne laisserons pas tomber dans les semaines, les mois à venir. C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté.

Mailly a pour la première fois détaillé les propositions de FO pour « contourner » l'« inversion de la hiérarchie des normes », lorsque les accords d’entreprise peuvent être moins favorables que la branche, et « substituer » le référendum en entreprise.

« Contourner » l'« inversion de la hiérarchie des normes »

Pour le premier point, FO souhaite qu’un « verrou conventionnel » soit mis en place dans sept domaines où des accords d’entreprise seront possibles mais ne pourront pas être moins favorables que la branche. Il s’agit des salaires, du temps du travail (article 2), de l’emploi, des classifications, de l’égalité professionnelle, de la formation professionnelle et de la prévoyance.

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Le gouvernement a fait un pas la semaine dernière, proposant que pour la pénibilité et l’égalité professionnelle, l’accord d’entreprise ne puisse être moins favorable que la branche.

Mais il refuse toujours de toucher à l’article 2, ligne rouge pour les syndicats opposés à la loi travail, qui craignent qu’il entraîne le dumping social. « Dès qu’on évoque l’article 2, il y a une rigidité de Manuel Valls, il y a sa mâchoire qui se serre ! », a regretté Mailly.

Concernant le référendum, prévu par l’article 13, FO propose un autre mécanisme de validation d’accord d’entreprise : les signataires et non signataires saisissent la commission de branche, qui se prononce dans un délai de deux mois sur la validité.