L’argent, une source de préoccupation croissante pour les jeunes

EXCLUSIF Les 16-24 ans ont davantage l’œil sur leur compte pour éviter les incidents bancaires…

Delphine Bancaud
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Une jeune femme fait un paiement sur Internet.
Une jeune femme fait un paiement sur Internet. — John Powell / Rex Featu/REX/SIPA

Ils ont atteint l’âge de raison concernant leur rapport à l’argent. Les jeunes sont plus que jamais conscients de la valeur de l’argent et de ce que peut générer son manque, comme le montre un sondage* réalisé pour Axa Banque par TNS Sofres, révélé en exclusivité ce mardi pour 20 Minutes, à l'occasion des résultats du bac.

Car s’ils associent d’abord l’argent à la notion plaisir (42 %), 36 % d’entre eux évoquent aussi la notion de sécurité, 31 % de sérieux, mais également de manque (27 %), d’inquiétude (24 %) et de tracas 19 %). « Leur rapport plus sérieux, voire plus anxieux à l’argent est à la mesure de la crise. Pour les jeunes de cette génération, l’argent n’est plus une fin en soi, il a recouvré sa fonction utilitaire », analyse le sociologue de la jeunesse, Michel Fize. « La confrontation à la valeur de l’argent se fait plus précocement de nos jours », renchérit Emmanuel Rivière, directeur du département opinion chez TNS Sofres.

Près de la moitié des jeunes faits ses comptes une fois par semaine

Si avec la crise, l’argent est devenu davantage un sujet de préoccupation pour les jeunes, c’est aussi par ce qu’un nombre croissant d’entre eux sont obligés de travailler, soit pour contribuer aux charges familiales et/ou financer leurs loisirs : « 40 % d’entre eux déclarant travailler ponctuellement ou régulièrement, contre 37 % en 2015 », indique Marie-Cécile Plessix, directrice générale d’Axa Banque. « Cette évolution est en partie due au fait que les études coutent de plus en plus cher», indique Pasacle Micoleau-Marcel, déléguée générale de La finance pour tous.

Le fait de vivre avec un budget souvent contraint, oblige les jeunes à une plus grande maturité dans la gestion de leurs finances : 83 % savent ce qui leur reste de leur budget à l’instant T et 49 % d’entre eux font leurs comptes au moins une fois par semaine. « Ce qui témoigne à la fois de leur sens des responsabilités et de leur engouement pour les outils numériques de suivi de compte », note Marie-Cécile Plessix.

De fréquents soucis financiers

Mais cette plus grande maturité face à la tenue de compte ne les empêche pas d’avoir de fréquents accidents financiers. Ainsi 67 % des jeunes avouent qui leur arrive d’être à court de cash (+4 % par rapport à 2015), 45 % d’emprunter de l’argent à leurs proches (+4 %), 41 % d’être à découvert (+4 %) et 29 % de payer leurs factures en retard (+5 %)… « Plutôt que le signe d’une mauvaise gestion de leur part, c’est la preuve que les temps sont durs et que leur budget est souvent trop serré face à leurs multiples dépenses », estime Pascale Micoleau-Marcel. « C’est bien pour cela que les organisations de jeunesse demandent la mise en place d’une allocation d’autonomie pour les jeunes », ajoute Michel Fize.

Infographie du sondage d'Axa Banque sur les jeunes et l'argent
Infographie du sondage d'Axa Banque sur les jeunes et l'argent - Axa Banque/TNS Sofrès

 

Sans surprise, les plus anxieux par rapport à l’argent sont les jeunes ayant quitté le nid familial et qui ont la charge de l’intégralité de leur loyer. « D’ailleurs, 62 % d’entre eux avouent devoir faire attention au quotidien, 21 % rencontrer régulièrement des problèmes d’argent et 5% avoir vraiment du mal à s'en sortir. Ils sont aussi plus nombreux à rencontrer des incidents financiers : 70 % d’entre eux avouant être fréquemment à court de cash, 56 %être à découvert, 45 % faire un achat sans savoir s’il leur reste assez d’argent », souligne Marie-Cécile Plessix. « Des données qui montrent que l’accès à l’autonomie financière est plus tardif pour cette génération que la précédente », conclut Emmanuel Rivière.

*Sondage réalisé du 20 au 31 mai 2016 en ligne par TNS Sofrès pour Axa Banque sur un échantillon de 1.004 individus âgés de 16 à 24 ans, selon la méthode des quotas.