La Belgique n'a pas transmis à temps l'information sur la radicalisation d'Abdeslam

ATTENTATS A PARIS Les services belges étaient au courant de la radicalisation du djihadiste mais ne l'ont pas mentionné dans la base de données utilisée par les gendarmes français...

20 Minutes avec AFP

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Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, filmés par la caméra de surveillance d'une station-service à Ressons, lors de leur fuite vers la Belgique.
Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, filmés par la caméra de surveillance d'une station-service à Ressons, lors de leur fuite vers la Belgique. — WILLIAM ABENHAIM/SIPA

C’est une information qui fait désordre. Les services de renseignement belges étaient au courant de la radicalisation de Salah Abdeslam mais ils n’avaient pas intégré cette information dans la base de données consultée par des gendarmes français qui l’ont contrôlé quelques heures après les attentats du 13 novembre. C’est ce qu’a révélé dimanche le rapporteur de la commission parlementaire sur les attentats.

Salah Abdeslam avait ainsi pu regagner la Belgique en voiture le 14 novembre, quelques heures après les attentats survenus à Paris, sans être inquiété.

A 9h10, il avait été contrôlé en compagnie de deux personnes par des gendarmes à Cambrai et il avait présenté des papiers à son nom. Mais si Salah Abdeslam a été retenu par les gendarmes, car il avait été inscrit par les autorités belges dans un fichier européen, le Système d’information Schengen (SIS II) pour des faits de droit commun, la voiture avait été autorisée à repartir au bout d’une demi-heure.

Quatre mois de cavale

« Les gendarmes français ont respecté la procédure habituelle, ils ont même fait du zèle, quelques heures après les attentats, en le gardant plus longtemps qu’à l’ordinaire », a expliqué le député socialiste Sébastien Pietrasanta. « Mais alors que Salah Abdeslam était connu des services belges comme appartenant à la mouvance djihadiste, pour quelle raison cette information ne figurait pas dans le fichier », s’interroge le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, qui présentera ses conclusions mardi.

Ce n’est que plus d’une heure après que les gendarmes ont laissé repartir Salah Abdeslam, que les autorités belges ont informé leurs homologues français de son appartenance à la mouvance djihadiste. Dans la foulée, les gendarmes ont reçu l’ordre de l’interpeller,. Mais il était trop tard.

Salah Abdeslam n’a été arrêté qu’après quatre mois de cavale, le 18 mars, en Belgique. Il est actuellement détenu en quartier d’isolement à Fleury-Mérogis (Essonne).