Salah Abdeslam à Fleury-Mérogis, télé-réalité et surveillance totale

PRISON Le suspect des attentats du 13 novembre, incarcéré dans l’Essonne, n’a aucun contact avec les autres détenus, partageant son temps entre la télévision et la prière…

Olivier Philippe-Viela

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Un gardien de prison ferme un grille à la prison de Fleury-Mérogis, le 29 octobre 2015
Un gardien de prison ferme un grille à la prison de Fleury-Mérogis, le 29 octobre 2015 — ERIC FEFERBERG AFP

Depuis fin avril, il occupe le quatrième et dernier étage de la prison de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne. Salah Abdeslam, unique survivant du commando djihadiste auteur de plusieurs attentats à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, est soumis à une surveillance constante de l’administration pénitentiaire, 24 heures sur 24, y compris pendant son sommeil et sa toilette. Le Journal du dimanche a accompagné le député Thierry Solère pour visiter le bâtiment où est maintenu le détenu le plus célèbre de France.

« Il y a ici au moins un détenu dont la sœur a été tuée sur les terrasses »

A son arrivée le 27 avril, « il y a eu une grande bronca quand il a fait son entrée, un mélange d'applaudissements, surtout de la part des plus jeunes, et aussi un mélange de sifflets. A mon sens, les sifflets l'emportaient sur les applaudissements », raconte à l’hebdomadaire l’un des responsables de la maison d’arrêt. « Si on le laissait aller dans la cour, sa vie serait en danger. Il y a ici au moins un détenu dont la sœur a été tuée sur les terrasses », ajoute la directrice de la sécurité.

Placé en isolement, Abdeslam monopolise quatre cellules : deux pour son usage personnel, une pour ses appareils de musculation, et une réservée au poste de surveillance avec six caméras qui l’observent à toute heure. Son temps de promenade se fait également en solitaire, sur le toit. Ce contrôle total de ses moindres mouvements lui pèse, a-t-il expliqué aux juges qui l’ont interrogé. La prison justifie ce dispositif pour « l’empêcher de mettre fin à ses jours ».

Salah Abdeslam à l'isolement sous haute sécurité
Salah Abdeslam à l'isolement sous haute sécurité - Kun TIAN AFP

« Son truc, c’est la télé-réalité »

Le suspect des attentats de Paris a deux activités principales : prier et regarder la télévision. Dans le premier cas, il lit beaucoup le Coran selon Thierry Solère, qui l’a vu faire. Un surveillant explique que « son truc c’est la télé-réalité, il regarde des émissions des heures et des heures », sans trop d’intérêt pour l’Euro 2016.

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Détenu « quasi modèle » à son arrivée – « le lit est fait parfaitement, tout est rangé de façon maniaque », décrit le député LR -, le ton est monté il y a quelques semaines quand il a voulu refuser une fouille par un surveillant : « Il était poli, maintenant, il ne parle plus », lâche au JDD un responsable de la maison d’arrêt.