Un homme tué par arme à feu à Toulouse, le troisième en trois semaines

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Un homme tué par arme à feu à Toulouse le 2 juillet 2016
Un homme tué par arme à feu à Toulouse le 2 juillet 2016 — Philippe HUGUEN AFP

Un homme a été tué par arme à feu, samedi matin, dans une discothèque en plein centre de Toulouse, troisième homicide en moins de trois semaines dans la ville, a-t-on appris auprès du parquet, qui privilégie la piste passionnelle.

L'enquête a été confiée au SRPJ de Toulouse, déjà chargé des investigations sur la mort de deux autres hommes tués à Toulouse, les 14 et 21 juin derniers.

Cette fois, cependant, "d’après les premiers éléments de l’enquête, ce meurtre semble faire suite à une affaire d’ordre privé et ne s’apparenterait pas un règlement de compte relevant du grand banditisme", ont précisé la préfecture et le procureur de la République, dans un communiqué.

La victime d'une trentaine d'années a été atteinte d'au moins trois balles devant plusieurs témoins, vers 06H30, dans le quartier Arnaud Bernard, au "Reggae Pub", un bar de nuit situé en plein centre de Toulouse, selon une source policière. L'homme d'origine antillaise est décédé sur place, selon les pompiers.

Son agresseur a pris la fuite et le mobile serait d'ordre privé, peut-être pour une affaire passionnelle dans la communauté antillaise, a précisé à l'AFP le parquet de Toulouse.

"On peut faire le lien" entre ce meurtre et une attaque au couteau survenue peu après dans le quartier, la victime de cette seconde agression, un jeune homme, ayant été vue sortant du "Reggae Pub", a ajouté le parquet, qui écarte toute similitude avec de précédents règlements de compte.

Le soir de la Fête de la musique, dans le quartier du Mirail, un Russe d'origine tchétchène était tombé sous les balles d'un commando à scooter, qui avait pris la fuite.

La nuit du 14 juin, c'était un quadragénaire, connu de la justice pour trafic de cigarettes et de stupéfiants, qui était tué de plusieurs balles par des hommes cagoulés dans un bar de Toulouse.

Dans un communiqué, le syndicat policier Unité SGP a déploré que "Toulouse devienne au fil des mois une ville où à l’évidence circulent les armes à feu, où des règlements de comptes et des vengeances se concrétisent par des exécutions en pleine rue, une ville avec des guerres de territoires menées sur un enjeu financier considérable lié à une économie souterraine lucrative".

Son secrétaire régional Didier Martinez a dénoncé le manque d'effectifs de police pour lutter contre la délinquance, estimant que "150 policiers font défaut".

Mais, pour le procureur et la préfecture, "Toulouse, 4e ville de France, connaît une évolution de la délinquance maîtrisée", grâce à "l’engagement permanent des services de police dont l’action a été renforcée par la présence de forces mobiles (compagnies républicaines de sécurité ou escadrons de gendarmerie mobile) dans les zones de sécurité prioritaire et également en centre-ville".

Depuis début 2016, "les atteintes à l’intégrité physique subissent une diminution de 2,62% et les atteintes aux biens sont en baisse de plus de 4%", ajoutent la préfecture et le procureur, précisant qu'un "plan de lutte contre les armes à feu" a été mis en place à cette période.