L'armée surveille une cinquantaine de cas de radicalisation

DEFENSE Les recrutements de potentielles recrues militaires sont l’objet de contrôle…

C. A.

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Un soldat français prépare un Rafale sur une base du Golfe, le 17 novembre 2015.
Un soldat français prépare un Rafale sur une base du Golfe, le 17 novembre 2015. — KARIM SAHIB / AFP

L’armée est touchée par le phénomène de radicalisation. Selon un rapport parlementaire daté du 22 juin, et présenté par la commission défense de l’ Assemblée nationale, l’armée surveille étroitement plusieurs dizaines de recrues, rapporte Le Huffigton Post.

Les députés Olivier Audibert Troin (député du Var LR) et Christophe Léonard (député des Ardennes PS) ont interrogé le général Jean-François Hogard, directeur de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD). Ce dernier a affirmé qu’une « cinquantaine de dossiers de radicalisation » était suivie dans les rangs de l’armée.

Des investigations à charge et à décharge

Comment la DPSD parvient-elle à les détecter ? Elle se base dans un premier temps sur des signalements internes. Puis elle engage des recherches et « des opérations de renseignement de durée variable » pour tenter d’évaluer la dangerosité de la recrue. « Les investigations se mènent systématiquement à charge et à décharge », précise le rapport.

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Toutefois, comme le « nombre de cas évolue en permanence », les signalements ne sont pas toujours pertinents. « Notre traitement doit être prudent, car il faut éviter de stigmatiser certaines personnes, faute de quoi on risque de les pousser dans les bras de l’ennemi », explique le général. « Il faut savoir distinguer des cas de réelle radicalisation de ce qui peut n’être que l’expression d’un refus de la discipline ou d’un simple mal-être, et veiller à limiter les effets de stigmatisation, qui nuisent à la cohésion dont ont besoin les armées », a-t-il prévenu par ailleurs.

« Une majorité de profil sûr »

Chaque potentielle recrue fait donc l’objet d’un « contrôle élémentaire », lors duquel le degré de confiance qui peut lui être accordé est évalué. Ce contrôle est mené par les personnels du centre national des habilitations défense (CNHD). « L’objectif est d’écarter du métier des armes les profils présentant une dangerosité pour la défense », expliquent les deux députés.

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Le général Jean-François Hogard estime que « l’immense majorité des recrues ont un profil sûr ». Ainsi, près de 92 % des candidats bénéficient d’un avis « sans objection » de la DPSD, souligne-t-il. Les 8 % restant se voyant attribuer d’un avis « restrictif » ou « défavorable » en raison d’un antécédent constitué ou d’une vulnérabilité avérée.

Et le Huffington Post de rappeler qu’aucun cas de renvoi de soldats radicalisés n’avait pour l’heure été communiqué par l’armée.