Brexit: Hollande reçoit Sarkozy, Mélenchon et Le Pen à l'Elysée

UNION EUROPEENNE Le chef de l'Etat a effectué un tour d'horizon des formations politiques représentées au Parlement pour préparer les initiatives françaises post-Brexit...

20 Minutes avec AFP
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François Hollande reçoit Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 25 juin 2016.
François Hollande reçoit Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 25 juin 2016. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Hollande prend la température politique après le Brexit. En recevant Jean-Christophe Cambadélis, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen à l'Elysée samedi, le chef de l'Etat a effectué un tour d'horizon des formations politiques représentées au Parlement pour préparer les initiatives françaises post-Brexit.

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Premier interlocuteur du chef de l'Etat, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis l'a assuré que la Grande-Bretagne n'était plus en position de «fixer l'agenda de l'Europe». «Il n'est pas temps de tergiverser», a-t-il poursuivi sur le perron de l'Elysée, manifestement pressé de voir Londres quitter le giron de l'Union européenne.

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Mélenchon dénonce «une agitation et des bricolages»

Nicolas Sarkozy a ensuite jugé «vital» que la France prenne «une initiative très forte» en faveur d'un nouveau traité européen. Elle serait selon lui le signe que les «peuples d'Europe comprennent qu'ils ont été entendus».

Le cofondateur du Parti de Gauche (PG), Jean-Luc Mélenchon, est sorti «consterné» de son entretien avec le chef de l'Etat, qui était entouré du Premier ministre Manuel Valls et du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc-Ayrault. Les propositions de François Hollande n'étaient «qu'une agitation et des bricolages».

Marine Le Pen réclame un référendum sur la sortie de la France de l'UE

Puis la présidente du Front national Marine Le Pen a profité de l'occasion pour réclamer de nouveau un référendum sur la sortie de la France de l'UE, essuyant une fin de non recevoir de François Hollande. «Il ne sera tenu compte d'aucun des signaux lancés pourtant depuis déjà de nombreuses années» par les Européens et le peuple français, en a-t-elle conclu, repartant avec «le sentiment d'être venue pour rien».

Plus tôt dans la journée, Jean-Marc Ayrault avait ironisé à Berlin au sujet des propositions de ses adversaires politiques: «Il y en a qui, parce qu'ils sont dans le désarroi, ne savent pas quoi proposer. Ils disent "traité, traité", d'autres disent "constituante", "référendum"». «C'est plutôt des messages d'impuissance. Il faut proposer des choses concrètes, acceptables par les 27», avait-il préconisé.

«Une Europe fédérale» dont le couple franco-allemand serait le «moteur»

Le patron des centristes de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a lui aussi plaidé pour une sortie du Royaume-Uni «la plus rapide possible». Sylvia Pinel, présidente du Parti radical de gauche (PRG) a réclamé «une Europe fédérale» dont le couple franco-allemand serait le «moteur».

Les écologistes d'EELV, par la voix du secrétaire national, David Cormand, attendent eux des «signaux forts», notamment l'interruption des discussions autour du Tafta, le traité de libre-échange négocié entre les Etats-Unis et l'UE. «Le temps est venu d'une refondation progressiste de l'Europe pour aller vers un nouveau traité de progrès social et écologiste», a renchéri le secrétaire national du PCF Pierre Laurent. Il a proposé une «conférence citoyenne nationale pour animer le débat public national sur les enjeux européens». Le chef de l'Etat sera lundi à Berlin pour y retrouver la chancelière Angela Merkel et Matteo Renzi. Puis il participera mardi et mercredi à un sommet européen post-Brexit.