Loi Travail: Les syndicats exigent du gouvernement «une nouvelle proposition de manifestation»

SOCIAL Les syndicats ont exigé du gouvernement « une nouvelle proposition de manifestation garantissant la sécurité de tous »…

Clémence Apetogbor

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La manifestation du 14 juin à Paris contre la loi Travail.
La manifestation du 14 juin à Paris contre la loi Travail. — C.B.

Le bras de fer entre l’exécutif et les syndicats se poursuit. Les syndicats anti- Loi Travail ont écrit lundi au ministre de l’Intérieur pour lui demander de « faire une nouvelle proposition de manifestation » jeudi à Paris, alors que les autorités ont menacé d’annuler le défilé si les opposants refusaient un rassemblement « statique ».

« Nous vous demandons de nous faire une nouvelle proposition de manifestation garantissant la sécurité de tous », écrivent les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl, dans un courrier à Bernard Cazeneuve.

Un rassemblement plutôt qu’un défilé

Plutôt qu’un défilé entre Bastille et Nation comme ils l’avaient demandé en fin de semaine dernière, la préfecture de police leur a demandé d’organiser un « rassemblement statique » place de la Nation, faute de quoi elle « sera dans l’obligation d’interdire » la manifestation, a-t-elle averti.

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Lundi dans l’après-midi, Bernard Cazeneuve a écrit au numéro un de la CGT, Philippe Martinez, prévenant qu’un cortège à Paris « n’apparaissait pas envisageable » après les violences survenues le 14 juin.

Les syndicats y voient une « remise en cause de la liberté de manifester » puisque cette « proposition ne constitue pas une réelle alternative ». « Nul doute », arguent-ils, qu’un rassemblement statique « serait beaucoup plus dangereux pour la sécurité de nos militants ».

« Franchement, vous voyez la place de la Nation, comme toute autre place, entourée par les forces de l’ordre ? Donc ça devient quoi, c’est une arène ? A quoi on veut jouer ? » a demandé Jean-Claude Mailly, le leader de FO, sur Canal +.

Mailly prêt à « discuter du parcours »

« Je ne suis pas sûr qu’une fan zone syndicale sur la (place de la) Nation soit plus sécurisée qu’une manifestation (…). La semaine dernière, ils disaient bien que les fan zones, c’était ce qu’il y avait de plus dangereux, qu’il ne fallait pas rester statique, je voudrais bien comprendre où on va », a poursuivi Jean-Claude Mailly.

Il s’est dit « prêt à discuter du parcours » si les autorités « considèrent qu’un parcours serait meilleur ».

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Le 14 juin, jour d’une manifestation nationale contre le projet de loi travail, le défilé parisien entre la place d’Italie et les Invalides a été émaillé de violences et de dégradations : 28 vitrines d’établissements commerciaux ont été brisées, et l’hôpital Necker-Enfants malades a été pris pour cible, entraînant une condamnation unanime. 28 fonctionnaires de police ont été blessés, dont deux ont dû être hospitalisés, souligne Bernard Cazeneuve dans sa lettre à la CGT.

Selon Jean-Claude Mailly, les policiers « font leur boulot », mais « il y a un problème de fonctionnement dans les ordres » qu’ils reçoivent. « Il y a des moments où ils pensaient pouvoir intervenir, ils pensaient qu’on allait leur donner l’ordre et ils n’intervenaient pas. Ils voient les casseurs retirer du bitume, etc. Ils regardent, ils n’ont pas l’ordre d’intervenir, pourquoi ? » a demandé le numéro un de FO, deuxième syndicat parmi les policiers.

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