Bras de fer entre les syndicats et le gouvernement avant la manifestation de jeudi

LOI TRAVAIL Alors que le gouvernement appelait à annuler la manifestation de jeudi contre la loi travail, les syndicats n’acceptent pas le compromis trouvé par la préfecture de police…

P.F. avec agences

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Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, après son entretien avec la ministre du travail Myriam El Khomri le 17 juin 2016.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, après son entretien avec la ministre du travail Myriam El Khomri le 17 juin 2016. — Nicolas Messyasz / Sipa

La menace pesait sur la manifestation de jeudi. Elle serait interdite si « la préservation des biens et des personnes ne pouvait être garantie » avait déclaré François Hollande au lendemain des défilés contre la loi travail émaillées de violences et de dégradations.

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Manuel Valls a lui aussi décidé d’en remettre une couche en estimant que « les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements » compte tenu du contexte actuel. Sans surprise, ces avertissements n’ont pas vraiment refroidi les manifestants. Les syndicats anti-loi travail ont annoncé ce lundi matin avoir demandé l’autorisation de manifester à Paris de la place de la Bastille à celle de la Nation.

Eviter les débordements

Les syndicats ont affirmé prendre toutes les mesures possibles pour éviter des débordements. « Nous avons pris la précaution de faire un parcours court permettant d’assurer la plus grande sécurité possible. On a tenu compte des conditions de sécurité et on a essayé d’éviter les grands magasins », a expliqué le secrétaire général de l’Urif-CGT, Pascal Joly.

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Des précautions qui n’ont pas convaincu la préfecture de police de Paris qui a demandé aux syndicats d’organiser un rassemblement statique et non un défilé. « Un rassemblement statique permet de mieux encadrer et mieux sécuriser la manifestation et de faire en sorte qu’il y ait moins de dégradations », explique-t-on à la préfecture de police.

La réponse ne s’est pas fait attendre : les syndicats ont annoncé qu’ils maintenaient leur demande de parcours. « Tant que ce n’est pas interdit, c’est autorisé », a commenté Benoît Clément de Solidaires Paris.

Menace d’interdiction

Dans une lettre adressée au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est lui aussi entré dans l’arène, expliquant qu’organiser un défilé à Paris jeudi n’était « pas envisageable ». La préfecture de police de Paris lui a emboîté le pas en annonçant que si les syndicats maintenaient leur défilé, la manifestation serait interdite.

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Avant même le rassemblement de jeudi, la tension est donc déjà à son comble. Les syndicats ont demandé, pour l’instant sans succès, au ministère de l’Intérieur de revoir sa position. Le bras de fer est engagé.