Bac: Comment sont corrigées les copies?

EXAMEN Le correcteur n’est pas seul maître à bord pour évaluer un candidat car des garde-fous existent pour préserver l’égalité de traitement des épreuves…

Delphine Bancaud

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Une copie  d'examen du baccalauréat, le 15 juin 2016 à Strasbourg.
Une copie d'examen du baccalauréat, le 15 juin 2016 à Strasbourg. — AFP

Quel sort sera réservé aux 4 millions de copies qui seront corrigées à la session 2016 du bac ? 20 Minutes fait le point sur la manière dont les 170.000 correcteurs vont noter les candidats. Un processus complexe qui ne laisse rien au hasard.

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1) Les enseignants s’accordent sur les attendus de l’épreuve

Pour garantir l’égalité de traitement entre les candidats, des garde-fous existent. Selon le ministère de l’Education : « pour la plupart des disciplines, la répartition des points est fixée en amont. Il n’y a donc pas de "tripatouillage" dans la notation ».

Avant la correction des copies, des commissions d’entente réunissent les enseignants d’une même discipline et d’une même série du bac, ainsi qu’un inspecteur d’académie. Ce dernier veille à ce que les attendus dans la matière soient bien compris par les correcteurs et leur donne quelques consignes de notation, sur la base d’un échantillon de copies déjà examinées par le groupe. Une question qui a donné du mal à l’échantillon de candidats sera par exemple, notée avec plus de clémence.

Un corrigé de base ainsi qu’un barème de correction sont ensuite remis aux examinateurs, ainsi que leurs lots de copies à corriger, qui proviennent de plusieurs établissements afin que le niveau soit homogène. « Grâce à ce système, il n’y a pas de très bons paquets de copies ou de très mauvais », confirme Christine, professeur d’histoire-géographie dans l’académie d’Amiens (Somme).

2) Place aux correcteurs

Pendant la correction,un service d’assistance téléphonique, tenu par des inspecteurs d’académie, est disponible pour répondre aux questions des examinateurs en cas de doute sur la notation. « Lorsque je dois évaluer les réponses des candidats aux questions de compréhension de l’épreuve d’anglais, c’est très carré avec le barème fixé. Juger de l’expression écrite d’un candidat est plus ardu », témoigne Anne, professeur d’anglais dans l’académie de Nice (Alpes-Maritimes).

Certains points sont presque acquis d’avance : « Nous accordons au moins quatre points à une copie qui propose une introduction, un développement et une conclusion, indépendamment du contenu », explique Florent, enseignant de lettres dans l’académie de Reims (Marne).

Même s’ils ont des consignes pour noter, chaque enseignant a ses points de vigilance : « ce qui m’énerve, ce sont les écritures de médecin. Je pénalise aussi les copies témoignant d’une mauvaise syntaxe et d’unepiètre orthographe », raconte Christine. « Même si je suis plutôt bienveillant à l’égard des candidats, je ne m’interdis pas de mettre un 4 si la copie le mérite. Je sanctionne les candidats qui ont des approches dogmatiques dans leur copie de philo et qui ne savent pas argumenter », indique de son côté, André, professeur de philosophie dans l’académie de Paris.

3) Une commission pour harmoniser les notes

Après leurs corrections, les examinateurs d’une même épreuve de chaque série sont réunis en commission d’harmonisation. La moyenne des notes qu’ils ont attribuées est comparée et en cas de trop grands écarts de notation, on en recherche les causes et on revoit éventuellement les notes attribuées à la hausse ou à la baisse.

« Une année, la moyenne de mes notes était assez faible par rapport à celle de mes collègues, j’ai dû me justifier et je me suis demandé si je n’étais pas trop dure », indique Anne. Et le dialogue peut parfois durer : « On discute parfois longtemps pour aboutir à un consensus », souligne ainsi André.

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4) Un jury prend la décision finale

Quelques jours avantla proclamation des résultats, un jury fait le point sur les notes obtenues par le même groupe de candidats dans toutes les disciplines. C’est à ce moment-là que l’on décide qui sera collé, envoyé au rattrapage, ou reçu, avec mention ou pas. 

Pour cela, le jury se réfère au livret scolaire des candidats et étudie les notes qu’ils ont obtenues dans l’année. « Le livret scolaire nous permet de basculer d’une situation à une autre. On peut par exemple remonter d’un point ou deux leurs notes pour que le candidat obtienne une mention ou qu’il évite le rattrapage », indique Christine. Un système avantageux pour beaucoup de candidats…