Policiers tués dans les Yvelines: Hollande annonce «des mesures pour garantir l'anonymat» des policiers

TERRORISME Les forces de l’ordre veulent notamment apparaître dans les procédures sous leurs numéros de matricule…

20 Minutes avec AFP

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Des policiers à Lille le 14 juin 2016.
Des policiers à Lille le 14 juin 2016. — Darko Vojinovic/AP/SIPA

C’est une mesure qui était largement plébiscitée par les syndicats de policiers. Lors de la cérémonie d’hommage national au couple de policiers tués ce lundi à Magnanville dans les Yvelines, François Hollande a annoncé que des « mesures » seraient prises pour « garantir l’anonymat » des policiers en dehors de leur service.

« Il nous faut éviter, autant que possible, que les policiers et les gendarmes soient identifiés et pris pour cibles par les malfaiteurs qu’ils ont mis hors d’état de nuire, ou par leurs complices. Des mesures seront prises pour garantir leur anonymat, et donc leur protection », a déclaré ce vendredi le président de la République.

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De nombreux membres des forces de l’ordre ont applaudi cette mesure, relayés par les puissants syndicats de police qui l’avaient expressément demandé dès mardi soir au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

« Des cibles » de choix

Au-delà du drame de Magnanvillle, l’anonymat des forces de l’ordre est un problème récurrent. Elles se plaignent souvent que les noms des fonctionnaires apparaissent dans les procédures, ce qui permet de les identifier et fait d’eux des « cibles », selon leur expression. « Maintenant, avec toutes ces graines d’islamistes radicaux qu’on trouve au coin des rues et qui tuent, c’est encore pire », résume Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie-Officiers.

« Il faut que nos collègues apparaissent dans les procédures sous leurs matricules », ont indiqué les responsables de Synergie, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT), d’Alliance et d’Unité-police-SGP-FO, tous à l’unisson.

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Difficile à mettre en place

Mais cela pose plusieurs problèmes, selon les autorités qui doivent mettre en œuvre les annonces présidentielles : techniques, de changement de procédures, etc. Et quid des témoignages d’enquêteurs, en personne, lors des procès ?

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Autre écueil : les multiples reportages télévisés montrant des forces de l’ordre en action, notamment sur la TNT. « Le droit à l’image, c’est un vrai casse-tête. Si tout le monde veut être flouté, que fait-on ? » dit un haut responsable policier, « fini la TNT ! »