Loi Travail: Martinez dénonce la «charge» du gouvernement contre la CGT

SYNDICAT Philippe Martinez a confirmé qu’il « irait au rendez-vous » vendredi « malgré ces attaques violentes »...

Clémence Apetogbor

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Philippe Martinez le 17 mai lors d'une manifestation
Philippe Martinez le 17 mai lors d'une manifestation — LEWIS JOLY

La rencontre entre la ministre du Travail Myriam El Khomri et le secrétaire général de la CGT prévue vendredi se déroule dans un contexte quelque peu tendu.

Philippe Martinez s’est en effet étonné jeudi, à la veille de sa rencontre avec Myriam El Khomri, de la « charge » du gouvernement contre sa centrale après la manifestation mardi contre le projet de Loi Travail.

Le rendez-vous maintenu

« On se félicite qu’il y ait ce rendez-vous (avec Myriam El Khomri). Je trouve un peu paradoxal, alors qu’il y a un dialogue qui va s’ouvrir, qu’il y ait une telle charge » contre la CGT, a-t-il déclaré sur RTL, après que l’exécutif eut mis en cause l’attitude « ambiguë » de la CGT à l’égard des casseurs.

Philippe Martinez a confirmé qu’il « irait au rendez-vous » vendredi « malgré ces attaques violentes ».

Interrogé sur les violences ayant émaillé la manifestation à Paris, Philippe Martinez a de nouveau nié « absolument » toute responsabilité de la CGT dans les actions de « casseurs à l’extérieur » du cortège.

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Des « problèmes » dans les « ordres » donnés aux policiers

Mais il a évoqué des « problèmes » dans les « ordres » donnés aux policiers et des « incidents », après que le préfet de police de Paris Michel Cadot eut affirmé mercredi qu’en fin de manifestation, un groupe de 100 à 200 manifestants de la CGT, « venus de l’Ouest et du Havre », avait « participé à des actes de violence ».

« Effectivement, en fin de manifestation, dans la manifestation (…), il y a eu un ordre, je pense de la préfecture (…), de foncer sur les manifestants alors que nos services d’ordre essayaient de dégager la manifestation. Donc il y a eu des incidents entre la police et les manifestants, juste à la fin, place Vauban », a-t-il dit.

« Quand c’est comme ça - ce n’est pas la première fois -, chacun essaie de se défendre. Parce que c’est assez violent ce genre de contact », a-t-il ajouté.

Le gouvernement « devrait se calmer » martèle Martinez

« Après avoir été dans le déni des violences qui pouvaient y compris impliquer des militants de la CGT, Philippe Martinez en vient à la justifier. Certes d’une façon un peu laborieuse, mais quand même. Et je pense que ce type d’attitude montre bien les ambiguïtés dont parlait le Premier ministre », a réagi peu après sur iTELE, le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen.

« C’est à la fois un peu triste de voir ce type de "défense" de Philippe Martinez. Et en même temps, c’est grave. C’est grave parce que d’un certain point de vue il en vient à justifier la violence. Alors si l’on croit que les CRS (…), si on pense qu’ils s’amusent et qu’ils peuvent attaquer comme ça des manifestants qui n’auraient rien fait, eh bien c’est une vision complotiste », a-t-il aussi dit.

Pour Philippe Martinez, « au lieu de jeter de l’huile sur le feu », le gouvernement « devrait un peu se calmer ». « On a un peu l’impression que tout ce qui se passe dans le pays aujourd’hui, c’est la faute de la CGT ! », a-t-il déclaré.

« Concentrons-nous sur le problème et le problème, c’est la loi », a-t-il souligné.