Bac: «Je n’ai pas le droit à l’erreur cette fois-ci»... Comme Fiona, ils retentent l'examen

TEMOIGNAGES A la session 2015, 40.000 candidats ont échoué au bac général et technologique et 42.700 au bac professionnel...

Delphine Bancaud

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Une candidate au bac le 15 juin 2016 à Strasbourg. 
AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN
Une candidate au bac le 15 juin 2016 à Strasbourg. AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN — AFP

Ils jouent plus gros que les autres. Parmi les candidats qui ont démarré les épreuves du bac ce mercredi, certains sont plus stressés que les autres, car cet examen n’est pas une première pour eux. Ils l’ont déjà raté l’année précédente et dans de plus rares cas, plusieurs années de suite. En 2015, 40.000 candidats ont ainsi échoué au bac général et technologique et 42.700 au bac professionnel. Et sept recalés sur dix se sont réinscrits au lycée l’année suivante pour préparer un bac général ou techno et trois sur dix en ce qui concerne la voie professionnelle. Les autres choisissent de le passer en candidats libres (leur nombre n’est pas connu) ou décident de jeter l’éponge.

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« L’an dernier, je n’ai même pas eu le rattrapage »

Parmi les courageux récidivistes de la session 2016 figure Fiona, 19 ans, qui va retenter de décrocher un bac ES à Toulouse. « L’an dernier, je n’ai même pas eu le rattrapage », soupire-t-elle. Il faut dire que la tâche n’était guère facile pour la jeune femme qui avait intégré le pôle France féminin de la Fédération française de rugby. « Mon emploi du temps n’était pas aménagé pour être conciliable avec une vie de lycéenne. J’ai raté beaucoup de cours, notamment en maths et en économie, et je savais que j’aurais beaucoup de mal à décrocher le bac », confie-t-elle.

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Un manque de disponibilité pour le travail qu’a connu aussi Rémy. Ce Lyonnais de 27 ans a échoué à son bac S l’an dernier, passé en candidat libre : « Je travaillais en tant que technicien frigoriste et j’ai préparé mon examen tout seul de chez moi avec peu de temps à consacrer aux révisions. Ce qui était d’autant plus dur que j’avais fait une grosse coupure dans mon cursus. Je savais que je n’avais pas beaucoup de chances d’avoir monbac dans ses conditions », reconnait-il.

Une meilleure méthode de travail que l’an dernier

Des mauvais souvenirs que les récidivistes du bac préfèrent oublier pour se tourner vers l’avenir. Et cette année, pas question de connaître à nouveau l’échec. Fiona a tout mis en œuvre pour aller à la conquête du précieux sésame : « J’ai davantage assisté aux cours, j’ai pris des cours de soutien en maths pendant l’année et j’ai plus sollicité les profs qui m’ont fourni les cours quand j’étais absente en raison du rugby. J’ai aussi eu une excellente prof d’éco qui m’a passionnée et m’a permis d’apprendre mieux et plus vite », explique-t-elle. Pour ne pas se laisser déborder, la jeune fille a aussi voulu baliser ses révisions : « j’ai commencé à m’y mettre dès la fin mars et j’ai planifié mes révisions en fonction du coefficient des matières », explique-t-elle. Pour enfoncer le clou, Fiona a suivi un stage intensif d’une semaine en philosophie et en maths, au sein d’un organisme de soutien.

De son côté, Rémy s’est aussi mieux organisé cette année, même s’il occupe toujours un emploi salarié au moins cinq heures par jour : « J’ai commencéà réviser dès octobre, en bloquant des plages de temps libres pour travailler et j’ai reçu les conseils avisés de ma copine. J’ai aussi multiplié les canaux de révision, en planchant à la fois sur des annales, des manuels scolaires et sur des sites Internet », énumère-t-il. Pour maximiser ses chances, le jeune homme travaille en priorité les matières scientifiques.

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« Je ferai d’abord une énorme soirée chez moi »

Une méthode de travail qui semble pour l’instant porter ses fruits, Fiona et Remy ayant plutôt une bonne impression de leur copie de philo. « J’ai choisi "Savons-nous ce que nous désirons ?" et je pense que je m’en suis sortie », estime Fiona. « Moi j’ai pris le commentaire de texte et j’ai trouvé cela plutôt simple. Pourvu que cela ait marché », indique Rémy. Car tous les deux ressentent une réelle pression ces jours-ci : « Je me dis que je n’ai pas le droit à l’erreur cette fois. Et si je ratais mon bac, cela me freinerait dans mes projets sportifs », confie Fiona. « Le bac, c’est un objectif très important pour moi. L’obtenir, ce serait comme tirer un trait sur l’erreur que j’ai commise il y a longtemps d’abandonner mes études », déclare de son côté Remy.

Et les candidats se projettent déjà dans l’avenir en cas de réussite. « Je ferai d’abord une énorme soirée chez moi avec mes amis et ma famille. Cela me prouverait que je suis capable de faire à la fois des études et du sport », raconte Sonia, qui s’inscrira ensuite en école d’ergothérapeute. De son côté Rémy, envisage de suivre une formation d’ingénierie pour démarrer une nouvelle vie.