Après les attentats, Salah Abdeslam aurait partagé un McDo et des joints avec des lycéens

TERRORISME Les lycéens qui l’ont croisé dans une cage d’escalier témoignent dans « L’Obs »…

M.C.
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Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins.
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins. — POLICE NATIONALE / AFP

Des révélations qui jettent un peu plus la confusion sur la personnalité de Salah Abdeslam. L’Obs a interviewé un témoin qui a passé la soirée avec le suspect numéro 1 des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Il aurait passé cette soirée-là dans une cage d’escalier de la Cité Vauban à Châtillon (Hauts-de-Seine), à manger du McDo et fumer des joints en compagnie de lycéens rencontrés sur place.

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« Il avait l’air d’un mec normal »

Dans la nuit du 13 au 14 novembre, alors que les secours et la police s’activent sur les lieux des attentats, Salah Abdeslam débarque vers 1h du matin au 9e étage d’une tour de la cité, connue pour son trafic de cannabis, raconte L’Obs. Sac McDonald’s à la main, il cherche « un endroit calme pour manger et se reposer », témoigne Tom, l’un des lycéens, interrogé par le magazine. « Il avait l’air d’un mec normal, qui n’a rien à faire. On a commencé à discuter, il était sympa, alors il est resté avec nous », dit Tom. Salah Abdeslam se présente à eux sous le prénom d'« Abdel » et passera une partie de la nuit à fumer et à discuter avec les trois adolescents.  BFMTV a contacté à son tour ce lycéen.

« Sa doudoune était gonflée, il avait un air bizarre »

« Quand on a commencé à regarder les vidéos, c’était la vidéo où on entend les coups de feu au Bataclan, il est venu derrière un pote qui avait le téléphone, il n’avait pas d’émotion particulière », raconte le jeune homme à BFMTV. Ceux-ci ignorent évidemment le rôle joué dans les attaques par Abdeslam. Il reste d’ailleurs de marbre à l’évocation des dizaines de morts par les lycéens, qui reçoivent les informations sur leurs téléphones portables. Même quand l’un d’entre eux lance une vidéo amateur montrant les terroristes du Bataclan tirer sur la police. Il était juste « curieux », selon Tom, qui pense qu’à ce moment-là Abdeslam portait encore son gilet d’explosifs : « Sa doudoune était gonflée, il avait un air bizarre », peut-on lire dans L’Obs.

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Deux amis bruxellois viendront à sa rescousse

Le terroriste, qui refuse de parler aux enquêteurs français, se confie pourtant ce soir-là à ses jeunes compagnons. En s’arrangeant avec la vérité. Il leur raconte qu’il travaille « dans la maintenance des trams en Belgique », alors qu’il a été licencié en 2011. Qu’il va bientôt épouser sa fiancée, avec qui il a pourtant rompu trois jours plus tôt. Vers 4h du matin, les ados se lèvent et quittent les lieux. Abdeslam, lui, « se met en boule, dans un coin, pour dormir ». Il sera récupéré quelques heures plus tard par ses « chauffeurs ».

Il avait dit aux jeunes que sa voiture était immobilisée et qu'« un cousin de Barbès » devait venir vers 5h le récupérer, a précisé une source proche du dossier à l’AFP. En fait, l’aide arrivera de Belgique : ce sont deux amis bruxellois Hamza Attou et Mohammed Amri, appelés par Salah Abdeslam, qui viendront à sa rescousse à l’aube pour l’exfiltrer vers la Belgique. Deux jours plus tard, ils découvriront le visage du mystérieux visiteur à la télévision, et préviendront la police, selon les médias.