VIDEO. Casseurs: Plus «d’autorisation de manifester» si les «biens et les personnes» sont menacés, prévient Hollande

SOCIAL Jean-Christophe Cambadélis a lui estimé que les manifestations sont « instrumentalisées » par les casseurs...

N.Beu. avec AFP

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Le président de la République François Hollande
Le président de la République François Hollande — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Malgré la poursuite du mouvement anti-loi Travail, l’exécutif ne bouge pas d’un iota.

François Hollande a annoncé mercredi en Conseil des ministres qu’il n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation des « biens et des personnes » ne pouvait être « garantie », a rapporté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Le gouvernement ne chargera pas le texte, réaffirme Manuel Valls

« A un moment où la France accueille l’Euro, où elle fait face au terrorisme, il ne pourra plus y avoir d’autorisation de manifester si les conditions de la préservation des biens et des personnes et des biens publics ne sont pas garantis », a déclaré le chef de l’Etat selon Stéphane Le Foll, au lendemain de nouvelles violences lors d’une manifestation à Paris contre la Loi Travail.

Invité de France Inter ce mercredi matin, le Premier ministre a lui déclaré qu’il ne « changera (it) pas » le projet de loi travail.

« Le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d’un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois », a-t-il ainsi déclaré.

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L’attitude de la CGT jugée « ambiguë »

Agacé par la tournure qu’ont pris les événements, Manuel Valls a également dénoncé l’attitude « ambiguë » de la CGT à l’égard des casseurs et appelé le syndicat à ne plus organiser de grandes manifestations à Paris.

« Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris et au cas par cas, car vous savez qu’on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons, nous, nos responsabilités », a-t-il dit, fustigeant des casseurs « qui voulaient sans doute tuer » des policiers et « une attitude ambiguë du service d’ordre de la CGT qui n’assume plus ses responsabilités ».

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a également demandé à la CGT de faire une « pause dans les manifestations, parce qu’elles dégénèrent en violence ».

Il a estimé qu’elle est « instrumentalisée » par les casseurs, au lendemain d’une nouvelle journée d’action émaillée de violences.

Chaque manifestation s’est terminée en violence, déplore Cambadélis

« Je suis pour que la CGT prenne ses responsabilités (…) Cela fait dix manifestations qui ont eu lieu, chaque manifestation s’est terminée par la violence », a-t-il déploré lors de l’émission Questions d’info sur LCP avec l’AFP, Le Monde et France Info.

« Quand la CGT discute avec la préfecture de police, elle refuse les préconisations de la préfecture de police, sur le parcours, la longueur, la façon de l’organiser, etc. Je ne dis pas que la CGT est responsable de la violence, je constate qu’à chaque manifestation aujourd’hui, il y a de la violence, donc je demande à la CGT une pause, parce que ce ne sont pas les manifestations qui changeront la nature de la loi travail », a-t-il développé.

« Si on concentre les forces de l’ordre dans les manifestations, on ne les met pas dans les fan zones, on ne les mets pas au niveau de l’Euro, et on ne les met pas dans la poursuite des terroristes. Donc, à un moment donné, il faut faire un choix », a-t-il fustigé.

Manuel Valls responsable de la « sécurité et du maintien de l’ordre » pour la CGT

De son côté, la CGT a estimé que « menacer d’interdire les manifestations était le signe d’un gouvernement aux abois », en dénonçant les accusations « inacceptables » du Premier ministre qui a évoqué une attitude « ambiguë » du syndicat à l’égard des casseurs.

L’organisation a souligné qu’il incombait « aux pouvoirs publics » dont Manuel Valls « a la première responsabilité, d’assurer la sécurité et le maintien de l’ordre ». La CGT assure avoir pris « les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive ».