Policiers tués dans les Yvelines: «C'était un couple très apprécié»

PORTRAIT Le commandant de police et sa compagne, elle-même secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, faisaient l’unanimité auprès de leurs collègues…

Florence Floux

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Le commandant de police et sa compagne ont été tués par un terroriste le 13 juin 2016.
Le commandant de police et sa compagne ont été tués par un terroriste le 13 juin 2016. — Twitter

Les collègues sont sous le choc. Dans les Yvelines, où travaillaient le commandant de police, Jean-Baptiste Salvaing, et sa compagne secrétaire, Jessica Schneider, tués lundi soir par un individu qui se revendiquait de Daesh, c’est la sidération. « C’est un microcosme les Yvelines, tout le monde se côtoie. Beaucoup de gens les connaissaient tous les deux », confie Julien Le Cam, secrétaire départemental du syndicat Alliance. « Nous avons beaucoup de retours depuis ce matin, qui disent tous la même chose. »

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« Jean-Baptiste Salvaing était un officier connu dans tout le département, où il avait fait toute sa carrière. Il était très apprécié dans tous les services par lesquels il est passé. C’était quelqu’un de très humain, très proche de ses hommes », continue Julien Le Cam.

Passionné de rugby

Âgé de 42 ans, ce commandant de police originaire de l’Hérault était passé par quatre services dans les Yvelines : la Bac, le dépôt (c’est-à-dire le tribunal), le commissariat de Mantes-la-Jolie et enfin celui des Mureaux, où il venait de prendre ses fonctions en tant qu’adjoint du chef de brigade de la sécurité publique. A-t-il pu croiser son futur assassin, interpellé en 2011 pour participation à une filière djihadiste au cours de ses années de carrières ?

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Au micro de RTL, une parente de Jean-Baptiste Salvaing confie aussi que « c’était un garçon très droit avec une moralité hors pair. C’est un gamin qui était brillant, qui venait d’être promu commandant. Il ne méritait pas ça. […] Sa sœur est effondrée. Quand la gendarmerie vient vous annoncer ça, c’est inimaginable. Je l’aimais beaucoup, j’étais très admirative de ce qu’il était. C’est quelqu’un qui avait vraiment une valeur inouïe. Ce n’est pas juste ». Ses collègues le décrivent également comme un grand passionné de rugby, lui-même sportif.

« Quelqu’un de très agréable »

Jessica Schneider travaillait comme secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie. Âgée de 36 ans, elle était elle aussi très aimée par ses camarades. « C’était quelqu’un de très agréable », d’après tous ceux qui l’ont connue, indique Julien Le Cam. « C’était vraiment un couple très apprécié. » « Le commandant de police et son épouse étaient des policiers d’une grande qualité humaine et professionnelle », renchérit le délégué départemental Unsa Mathias Guillard.

Les deux parents laissent derrière eux un petit garçon âgé de 3 ans, seul survivant de la tragédie. Une cellule psychologique a été mise en place par la municipalité de Magnanville pour les voisins et les proches de la famille, ainsi qu’à l’école que fréquentait l’enfant. « Ils habitaient là depuis cinq ans et avaient décidé d’y fonder une famille. Ils étaient investis ici. Nous étions souvent en relation concernant la vie associative et sportive », a expliqué ce mardi à 20 Minutes Michel Lebouc, maire divers gauche de la ville, devant le cordon de sécurité dressé à l’entrée de l’allée des Perdrix, où résidait la famille.

Une cellule psychologique a également été mise en place aux commissariats des Mureaux et de Mantes-la-Jolie, pour soutenir les collègues du couple.

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