Passer son Code dans un organisme privé: «Tout est beaucoup plus simple»

REPORTAGE Ce lundi au Mans, une dizaine de jeunes figuraient parmi les premiers candidats à passer l’examen du code organisé par l'opérateur privé SGS France...

Delphine Bancaud
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Des candidats à l'examen du Code de la route, dans un centre de SGS France, Le Mans, 13/06/2016
Des candidats à l'examen du Code de la route, dans un centre de SGS France, Le Mans, 13/06/2016 —

Ils ne sont pas des candidats au permis de conduire tout à fait comme les autres. Ce lundi, au Mans, une dizaine de jeunes figurent parmi les premiers candidats en France à passer l’examen du code organisé par l’opérateur privé SGS France, un groupe d’inspection et de certification, notamment spécialisé dans le contrôle technique des véhicules. Une petite révolution due à la loi Macron votée en août 2015 qui ambitionne de réduire les délais pour passer le permis de conduire de 96 à 45 jours, en externalisant l’examen du code auprès de partenaires privés (tel que La Poste et SGS France) alors qu’il était jusqu’alors supervisé par des inspecteurs du permis de conduire.

« Moins solennel, donc un peu moins stressant »

Pour les candidats, cela change des choses. Tout d’abord, sur la forme, comme le confie Sébastien, qui passe son Code pour la troisième fois : « Quand je l’ai passé en préfecture, on était une trentaine dans une grande salle. Là on est une petite dizaine dans un endroit assez banal. Cela semble moins solennel, donc un peu moins stressant », explique-t-il avant d’aller s’installer.

Pour s’inscrire à l’examen, tout a été plus simple aussi. « Avant, il fallait attendre parfois plusieurs semaines pour pouvoir présenter nos candidats au Code faute de places disponibles, là il m’a fallu quelques jours pour les inscrire tous » se réjouit aussi Julien, gérant de l’auto-école TSR au Mans. Un système souple qui devrait permettre aux candidats de se présenter à l’épreuve dès qu’ils sont prêts, sans risquer de perdre leurs acquis en raison d’une trop longue attente. Et les candidats ne sont plus obligés de passer par leur auto-école pour réserver leur place à l’examen : ils peuvent le faire eux-mêmes sur la plateforme objectifcode.com qui leur propose le centre d’examen le plus proche de chez eux.

« Avec la tablette, c’est un peu comme si on s’entraînait à la maison »

Autre nouveauté : chez SGS, fini les boîtiers pour répondre au code. Les candidats disposent de tablettes numériques pour répondre aux quarante questions du Code. Et plus possible de tricher car chaque candidat dispose de sa propre série de questions.

En revanche, le stress est le même avant de passer l’épreuve, comme en témoigne Daphné : « C’est la première fois que je passe le code. Ça fait deux mois que je travaille. Mais j’espère vraiment que ça va aller », confie la jeune fille. « Lors des entraînements, j’étais à deux ou trois fautes », indique de son côté Jean-Douglas. Installés devant leur tablette, les candidats n’ont pas l’air décontenancés et mettent leur casque sur les oreilles pour écouter les instructions.

Une demi-heure plus tard, ils sortent de la salle, avec un moral mi-figue, mi-raisin. « Je suis un peu moins serein, j’ai eu à faire des questions vidéo auxquelles je ne m’attendais pas », souffle Jean-Douglas. Même perplexité chez Sebastien : « pour certaines questions vidéo, il fallait analyser ce qui se passait à l’intérieur de la voiture et en dehors. Pas évident », commente-t-il. Quant au fait de répondre sur une tablette, tous les candidats s’entendent pour dire que cela ne les a pas troublés : « c’était même plus facile, car avec le casque sur les oreilles, on se concentre mieux », estime Sebastien. « Avec la tablette, c’est un peu comme si on s’entraînait à la maison. En revanche, certaines questions qui n’étaient pas vraiment en rapport avec le Code de la route m’ont troublée », déclare Daphné.

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« Si je l’ai encore raté, je pourrais le retenter dès que je veux »

Reste à attendre le verdict. Si SGS organise l’examen, la correction reste du ressort de l’Etat. « Mais ce qui est bien, c’est qu’on pourra recevoir les résultats par mail a priori dans la journée, alors qu’avant on devait attendre plus longtemps. Et si je l’ai encore raté, je pourrais le retenter dès que je veux. Tout est beaucoup plus simple », résume Sébastien.

Depuis le démarrage de la plateforme objectifcode.com le 1er juin, 727 candidats se sont déjà inscrits pour passer le code. Si SGS France compte déjà 13 centres d’examens en France*, « d’autres vont ouvrir bientôt avec l’objectif d’atteindre 400 centres d’examens à la fin de l’année », annonce Roselyne Defer, directrice de programme chez SGS France.

Et comme les centres d’examens ouvriront plus longtemps que les centres préfectoraux (de 8h jusqu’à 19h), ils pourront organiser jusqu’à sept sessions par jour. De quoi permettre à de nombreux candidats de tenter leur chance. SGS France estime d’ailleurs que dès 2017, elle fera passer le Code à 400.000 candidats chaque année. Reste aux principaux intéressés à plancher !

*A Bordeaux, Grenoble, Le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nicen Toulouse, Rennes, Cergy, Fontenay-sous-Bois et Paris.